Poète
d'origine syrienne né en 1930, Ali Ahmed Saïd Esber prend
le nom de plume d'Adonis en 1947, à l'âge de dix-sept ans,
année où, simple paysan, il réussi à
attirer l'attention du président syrien pour se faire financer
des études. Il sort de l’université de Damas en
1954 avec une licence de philosophie.
Très vite ses positions politiques (la nécessité
d'une séparation entre religion et politique) dérangent,
il emprisonné en 1955 puis s'enfuit au Liban où il fonde
plusieurs revues manifestes d'une libération inconditionnelle de
la tradition et d'un élan vers l'internationalisation de la
poésie. En 1968, il fonde la revue Mawâkif
(Positions) – aussitôt interdite dans le monde arabe
– qui s'avère un espace de liberté en même
temps qu'un laboratoire de rénovation « destructurante
» de la poésie. C'est là qu'il traduit en arabe
Baudelaire, Henri Michaux, Saint-John Perse…
Quand la guerre éclate au Liban en 1975, il finit par fuir le
pays (1980) pour se réfugier à Paris et y devenir le
représentant de la Ligue arabe à l'UNESCO. De là,
il multiplie ses charges contre la tradition poétique arabe et
dénonce la dictature et
la misère dans les sociétés arabes, prend position contre le port du voile.
Son œuvre révèle plusieurs thèmes :
injustice, dictature, guerre, misère, amour,
érotisme… « Toute mon œuvre de poète
repose sur cette conviction que l’art, la poésie
n'expriment pas l'existence ou l'être humain mais les
complètent." - "La poésie est son propre chemin, son
unique but. Elle est le monde."
Il a reçu en 2011 le prix Goethe, l'une des récompenses
les plus prestigieuses du monde de la poésie
décernée tous les trois ans en Allemagne à un
artiste pour l'ensemble de son œuvre, devenant le premier
poète arabophone ainsi distingué.
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