Lettre à Paul le Silentiaire
Là où je suis, tout est verdoyant, fleuri
Et la terre est ornée des plus onctueux fruits
Qu'on puisse découvrir ; sous l'ombre des cyprès,
Des oiseaux attendris chantent pour leurs petits ;
Et l'on écoute aussi le doux chardonneret.
Le crapaud tristounet entonne sa chanson
Larmoyante, caché dessous un noir buisson.
Mais enfin, que m'importe un endroit calme et frais :
Non, plus me plaît d'écouter ta conversation
Que les accords purs de la lyre d'Apollon.
Je brûle, ô ami, de te revoir mais mon cœur
Brûle aussi pour m'amie. Or, les Lois m'interdisent
De retrouver le sein de ma gazelle exquise.