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À
l'âge de dix ans Théodore Agrippa d'Aubigné est placé en
pension à Paris chez Mathieu Béroald, humaniste
célèbre. L'année suivante, son père meurt.
Agrippa poursuit alors ses études à Genève puis
s'engage dans l'armée protestante. Il se lie d'amité avec
le futur Henri IV qui le nomme son écuyer en 1573. Cette
amitié entre le roi et le poète dura plusieurs
années ; Henri IV le nommant succesivement maréchal,
gouverneur et vice-amiral. Mais les divergences politiques et
religieuses finissent par séparer les deux hommes qui seront
à nouveau "réunis", ironie du sort, par leurs
petits-enfants respectifs, Louis XIV et Madame
De Maintenon mariés en 1683.
En 1577, Aubigné est grièvement blessé, il se
retire et commence à rédiger son grand poème
épique sur les guerres de religion, Les Tragiques. Il épouse
Suzanne de Lezay en 1583. Il a d'elle deux filles et un fils, Constant,
qui sera le père de la future Marquise De Maintenon.
Après la mort de son épouse en 1596, Aubigné aura
un fils naturel avec Jacqueline Chayer, Nathan d'Aubigné.
Après l'assassinat du duc de Guise en 1588, Aubigné
reprend part aux combats politiques et militaires de son temps. Il est
alors le représentant de la tendance dure du parti protestant et
voit d'un mauvais œil les concessions faites par le chef de son parti
pour accéder au trône. Il est peu à peu
écarté de la cour, dont il se retira
définitivement après l'assassinat d'Henri IV en 1610, et
se tourne à nouveau vers l'écriture de ses œuvres, autre
moyen de prendre les armes, en multipliant les pamphlets
anti-catholiques et les attaques polémiques contre les
protestants convertis.
Refusant tout compromis, Aubigné est contraint de quitter la
France en 1620, après la condamnation de son Histoire universelle.
Aubigné se retire alors à Genève où il
épouse en 1623 Renée Burlamachi. C'est durant les
dernoières années de sa vie qu'il publie l'essentiel de
ses œuvres et rédige ses mémoires.
Si l'essentiel de son œuvre est polémique, engagée dans
les combats de son époque, ses débuts poétiques
sont bien plus légers : Le
printemps, recueil de sonnets, de stances et d'odes lyriques en
est la trace principale. Comprenant L'hécatombe
à Diane et Les stances,
ce recueil, qui a attendu le 20è siècle pour être
publié dans sa totalité, est inspiré par Diane
Salviati, nièce de la Cassandre de Ronsard,
qu'Aubigné rencontra en 1571. Dans ses mémoires,
Aubigné fait de sa liaison avec Diane un événement
fondateur, sur le plan sentimental comme sur le plan littéraire
: " Il devint amoureux de Diane Salviati, fille aînée de
Talcy. Cet amour lui mit en tête la poésie française, et
lors il composa ce que nous appelons son Printemps ; où il y a
plusieurs choses moins polies, mais quelque fureur qui sera au
gré de plusieurs ".
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