Les chiens se sont soûlés des superbes tétins
Que tu enflais d'orgueil, et cette gorge unie
Et cette tendre peau fut des mâtins la vie.
De ton sein sans pitié ce chaud coeur fut ravi.
Lui qui n'avait été de meurtres assouvi
Assouvit les meurtriers, de ton fiel le carnage
Aux chiens ôta la faim et leur donna la rage.
Vivante tu n'avais aimé que le combat,
Morte tu attisais encore le débat
Entre les chiens grondants qui donnaient des batailles
Au butin dissipé de tes vives entrailles
*
La reine Catherine est associée à la figure de
Jézabel, magicienne maléfique. Les méthodes
utilisées par Catherine De Médicis pour gouverner la
firent surnommer la Reine noire : elle aimait consulter les
astrologues, utilisait les services de ses demoiselles d'honneur pour
séduire certains hauts personnages du royaume et ne recula pas
devant l'assassinat pour éliminer ses adversaires.
in Les tragiques (1617 - Tome VI - v. 348-358)