Né
dans une famille de négociants, Alfred Jarry entre à 15
ans au lycée de Laval avant de continuer ses études
à Saint-Brieuc, puis à Rennes. Entre 1885 et 1888, il
compose déjà des comédies en vers et en prose. Au
lycée de Rennes, M. Hébert, professeur de physique,
incarne aux yeux de ses élèves "tout le grotesque qui est
au monde". À ce titre, Jarry va le mettre en forme de
comédie : c'est la plus ancienne version d'Ubu Roi.
En 1891-1892, il entre au lycée Henri-IV de Paris où il
sera élève d'Henri Bergson et rencontrera
Léon-Paul Fargue. Il collabore à plusieurs revues
littéraires dont Mercure
de France et rencontre sa femme Rachilde. En 1894 il fait
paraître son premier recueil de poèmes Les Minutes de sable mémorial.
Deux ans plus tard, il se voit confié le programme de la saison
du Théâtre de l'Œuvre
où la première d'Ubu Roi
eut lieu le 10 décembre 1896. Dès lors, les
représentations des pièces de Jarry se suivent tandis
qu'il fonde la pataphysique
"science des solutions imaginaires".
S'identifiant progressivement à son personnage, faisant
triompher le principe de plaisir sur celui de réalité,
maniant l'humour dans une grande liberté, Jarry vit comme il lui
plait avec sa bicyclette, son revolver et l'absinthe, dans une petite
baraque proche d'une rivière, dans la Sarthe.
Grand admiratuer de Rabelais, l'œuvre d'Alfred Jarry, au comique
grinçant, met en scène de façon insolite les
traits humains les plus grotesques. Il est l'un des inspirateurs des
surréalistes et du théâtre contemporain.
Pour ce qui est de l'érotisme, je recommande :
- L'Amour en visites
(1898) : des pages d'une beauté étrange, d'une
poésie symboliste troublante qui préfigure le
surréalisme, ponctuées de scène grivoises et
comiques.
- Le Surmâle
(1902) : "L'amour est un acte sans importance, puisqu'on peut le faire
indéfiniment". Le roman commence par cette étonnante
phrase, suit une discussion sur l'amour où chacun rivalise
d'imagination pour célèbrer un surmâle, un homme
capable de faire un nombre impressionnant de fois l'amour en un temps
limité.
- Les Silènes,
adaptation par Jarry d'une pièce de Christian Dietrich Grabbe "
Raillerie, Satire, Ironie et Signification profonde ", et
particulièrement l'édition de 1927 où Pascal Pia
ajoute des érotiques de son cru.