Une enfance dans la
noblesse parisienne sous l'Empire, une jeunesse monotone dans
l'armée mais avec l'écriture vers 18 ans et la
fréquentation assidue, à partir de 1820, de Nodier et
Hugo au Cénacle,
formant avec eux les chefs de file de l'école romantique.
La carrière littéraire de Vigny est lancée, il
publie pour la première fois en 1822, explore
poésie, roman et théâtre et quitte
définitivement l'armée en 1827 pour enchaîner avec
succès publications et représentations.
Mais entre 1835 et 1848,
Vigny subit une série d'épreuves (rupture avec sa
maîtresse, mort de sa mère, maladie de son
épouse). Il s'enferme dans un isolement propice à
l'écriture et travaille en particulier à une oeuvre
poétique importante (publiée un an après sa
mort) : Les Destinées,
peinture romantique et sociale de l'Homme dont la palette se
déploie d'un pessimisme radical à l'espoir
placé dans les Lumières.
Lorsqu'il mourut ce fut
dans l'indifférence du public, son corps ne fut
accompagné que de quelques romantiques de la
première heure, comme Victor
Hugo son ami fidèle.
Vigny et les
femmes :
Dès l'enfance
entouré d'une présence féminine (sa mère,
ses tantes, ses cousines), Vigny séduisait beaucoup mais
ses amours furent chaotiques. Les influences de ces
différentes expériences se retrouvent dans sa
création artistique.
Il
rencontre en 1824
Lydia Bunbury (née en 1798), fille d'un riche colon de
Guyane anglaise. Il tombe passionnément amoureux et s'unit
à elle un an plus tard. Mais de ce mariage tout
change. Lydia se révèle en fait très
superficielle, elle
n'aime ni parler français, ni la littérature tandis
que lui rêve d'une confidente.
Vigny se rapproche alors
de l'actrice Marie Dorval (née en 1798). Il l'a
déjà rencontrée l'année de son mariage,
elle vit dans une roulotte. Vigny a déjà une grande
attirance et admiration pour elle. Leur liaison commence en 1831.
Une liaison passionnée (Marie interprétera Kitty
Bell dans sa pièce Chatterton
) mais aussi une passion houleuse (Vigny est souvent absent et Marie Dorval frivole), passion
dont il arrête brutalement le cours en 1838, alors que
celle-ci commence à être trop voyante.
De plus sa femme est souvent malade, elle devient obèse
et impotente (1848). Il la soigne attentivement jusqu'à sa
mort
en 1862.