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I - Le concours
"Oyez Oyez !"
A ce cri en place publique
Accours un large public
"Oyez Oyez !"
"Le sieur Marquis de Satin
M'a fait mander ce matin
Pour annoncer ce bulletin :
Avis aux peintres de renom ou de loisir,
Sa seigneurie le Marquis désire
Qu'on fasse de lui son portrait.
Munis de vos pinceaux et chevalets
Présentez vous au château
Au plus vite, au plus tôt.
Un seul parmis les prétendants
Sera choisi sur une simple ébauche
Qu'il exécuera rapidement
Devant le Marquis, de profil gauche.
Oyez Oyez !
Faites circuler la nouvelle !
Si les peintures sont belles
Elles seront dûment rétribuées !"
Roulement de tambour
Et s'en va le troubadour...
© Cyr
*
Octavie,
fille de peintre et enlumineuse à ses heures aussi, a eu vent de
l'annonce...
Il serait merveille
Père
de faire portrait
de notre gentil Marquis
Rêveuse mignonne
ne crains-tu point
de laisser découvrir
ton secret joli
Oh Père!
à la messe l'ai vu
me regardait bellement
a si avenante figure
Etre, ll te faudra,
vêtue en Damoiseau
et tes cheveux cacher
dessous un mantelet
Ainsi ferai mon père
en son château irai
et de lui si près
travaillerai heureuse
Ton souhait autorise
Petite O. ma fille
va faire honneur
à notre nom m'amie
© O
*
C'est ainsi que parée en
damoiseau
Octavie s'en va au château,
Le subterfuge étant parfait
Elle y pénètre sans difficulté,
Evitant de trop parler
Aux gardes et valets.
Après une longue attente fébrile
C'est enfin son tour :
Plus question de faire demi-tour,
Elle s'avance d'un pied agile.
Le Marquis De Satin est là,
Assis sur une chaise
De profil,
Il ne la regarde même pas
Tout à son aise,
Tranquille.
A nouveau fébrile
Elle installe ses outils
et commence le portrait
Qu'elle exécute d'un seul trait.
Une sensation de chaleur étrange
Lui est montée au coeur
Et a guidé sa main.
Le Marquis lui a semblé un ange
Et l'amour vainqueur
A brûlé ses reins !
~
La lune dans la nuit se glisse
Et le Marquis a pu étudier
La douzaine d'esquisses
A son choix laissées.
C'est celle d'Octavie
Qui a retenu sans conteste
Toute son attention.
Elle a tant de vie
Et comme faite d'un seul geste
Avec force et passion,
Que le Marquis semble sous le charme
De sa propre image et verse une larme
D'émotion !
Le croquis est si beau et même si sensuel
Qu'il paraît traversé d'un désir charnel,
Voilà qui est bien mystérieux
Se dit le Marquis soucieux...
Le peintre serait-il un migon
Qui aurait pour lui une passion,
De celle qu'on a pour le même sexe ?
"Il ne faudrait pas qu'il se vexe
Que je n'ai point du tout ce penchant"
S'interroge notre homme en se couchant.
Mais, même si la nuit
Lui apporte un autre conseil,
Notre beau Marquis,
Plongeant dans un profond sommeil,
Sait déjà qu'il mandera l'auteur dudit dessin
A se présenter au château dès le lendemain.
Ne serait-ce qu'afin de percer le mystère
De cette si troublante affaire,
Il est fermement décidé
A lui faire exécuter
Autant de toiles que nécessaire...
© Cyr
*
Ocatve-Octavie
modestement vêtu
de son habit de peintre
cheveux tirés
serrés sous un bonnet
et de plus mantelet
son visage cachant
longuement a attendu
Pourquoi, la dernière
Mauvaise augure
trop jeune, trop petit
le fils à Maître Martin
on sourit en regardant
l'apprenti mincelet...
Les gardes à peine
l’ont aperçu
bousculé un peu
oublié
On l’appelle enfin
beau Marquis
le regard ailleurs
un peu s’ennuie
.
Octave rien n’ose dire,
se déplace en silence
cherche à rendre au mieux
les traits du beau seigneur
sa peau mate
ses yeux sombres
sa bouche de cerise
“Oh! si galant il semble
pense petite O.
voudrais là rester
l’admirer encore
Mais point ne me voit
sait-il que je suis là ?
semble m’oublier
et s’ennuyer...”
Vite, vite
son nez droit et fier
ses yeux sombres
ombragés de cils noirs
cette bouche si douce
il faut l’ouvrir un peu
pour un sourire
Petite O.
son dessin a remis
en larmes s’est enfuie
ne le reverra plus
Nuitament en son lit
mains jointes , yeux clos
prie Belle Dame du ciel
de le revoir encore
et tristement soupire
Rêve son regard brûlant
sur elle égaré
une caresse pour elle
de sa main longue
sur sa main posée
et pourtant ne sait pas
ce qu’amour veut dire
et pourtant jamais ne sentit
ses petits seins si dur
ce frisson en son ventre
son coeur si fort battre....
Hélas, quand reverra
ses yeux si beaux....
à la messe peut-être
Dimanche pour la fête
du Saint joli
patron du beau Marquis
© O
Suite
II - Embuscade bucolique
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