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à la liste "Duos"
II - Embuscade bucolique
Toute émue d'avoir
été choisie, mais bien décidée,
Octavie se rend en la demeure du Marquis
Elle a pris soin de choisir, en guise d'habit,
Une tunique longue et ample pour cacher
Ses hanches et ses seins naissants
De tout regard l'investigant
Elle a bien fait se dit-elle
De prendre toute ces précautions
Car, s'entretenant seule avec lui,
Il la scrute avec tant d'attention
Qu'elle croit sentir ses noires prunelles
Traverser indécentes, de sa robe la nuit
Tandis qu'il la sonde de ses yeux de braise
Et qu'Octavie se tortille mal à l'aise,
Vivant comme une étrange torture cette curiosité,
Le Marquis plonge en d'étonnantes pensées,
A contre-courant
De ses habituels penchants :
"Que ce jeune peintre
Me semble si beau...
Que j'aime cette crainte
Qui fait rougir sa peau..."
"Son visage est si fin,
Ses yeux vert si profonds,
Que je sens naître en mon sein
De troublantes émotions..."
Le Marquis décide alors
D'entraîner au dehors,
Dans son domaine forestier
Loin de toute garde rapprochée,
Le jeune dessinateur
Qui craint venue son heure !
Emportant avec lui plusieurs tenues
Le Marquis explique, subtile excuse,
Que la lumière du jour et des nues
Sera certainement plus claire et diffuse
Pour exécuter avec précision
Une oeuvre digne de ce nom
Arrivés dans une propice clairière,
Jouant de séduction
Et de provocation
Le marquis essaye ses affaires
Il soumet ainsi
A l'avis d'Octavie
Divers parures et habits,
Au beau milieu de ce bois
Allant à chaque changement
Jusqu'à se mettre entièrement
Nu - sans que cela soit
Nécessaire forcément
Octavie qui a déjà aperçu
Dans l'atelier de son père
Les éclats de peau nue
De modèles tout de chair,
Nage pourtant, ici, en aux troubles
Sa tension redouble
Elle se sait seule cette fois
Avec le Marquis, dont les attributs
Sont comme des appats
Qui électrisent et brouillent sa vue !
Le Marquis la questionne
Sans cesse sur la tenue à choisir,
Tandis que sa propre bouche
Nul mot n'entonne
De peur de se trahir
Et de lui faire prendre la mouche
Le Marquis alors conclu
En ne choisissant
Aucun de ses vêtements
Offrant son corps, chaud et nu,
Jouant l'innocence printanière
Parmis les fleurs, le vent et la lumière
© Cyr
*
Petite O. a pris bain ce matin,
avant que de se rendre
au chateau du marquis joli
a lavé ses longs cheveux
bruns et bouclés légèrement,
emprisonnés en un bonnet.
a mis tunique large et longue
dessus ses braies.
Et sort Octave de la maison
bravement, avec toile et couleurs
bons pinceaux également.
Le marquis a dit un portrait...
quelle pose lui faire prendre
pour ne point rencontrer
son regard noir et curieux
interrogeant, troublé
Octave craint fort les doutes
de ce marquis malin
qui attarde son regard
trop longuement
avec grande curiosité
sur son visage ému..
Cacher son émotion, il faut,
et dire l’honneur si grand
Surprise ! Au chateau
le Marquis veut avec O.
un habit choisir
demande son avis
d’un bucolique portrait
sous la feuillée étendu
avec chants d’oiseaux
et fleurs épandues.
Sa garde robe fait porter
dans la proche forêt
et ses gens.renvoie
Seuls sont maintenant..
“Que choisir?” dit-il
“ce bleu costume
de bleu velours frappé
et d’or brodé ?”
“Ou ce rouge habit ?
que t’en semble Octave?”
Le petit peintre ému
répondre n’ose point,
trop douce sa voix
dit “oui”, dit “non”
dit “peut-être”
gentiment bégaie
Du marquis le regard
se charge de surprise
et en silence prie :
“oh, Vierge si sainte”,
point ne laissez
mon secret découvrir”
Mais sans gène aucune
le bel homme se met nu
pour d’habits changer
plus à l'aise
scrute Octave empourpré
avec malice et trouble
“nu tu me peindras”
s’étend et s’étire
sur la belle et douce herbe
son corps tout exposé
son sexe en ses broussailles
légèrement frémit
© O
*
Sexe au repos, charnu, flexible au gré du vent,
Tel un hypnotique pendule entre ses cuisses ballotant,
Le Marquis bientôt déambule,
Essaye et tente diverses poses
- Tantôt pudique tantôt il ose -
Sous l'oeil d'Octavie qui tintinabule
- Tantôt craintive tantôt ravie -
Crayonnant sur le vif ce corps plein de vie.
L'excité enfin s'arrête, s'adosse
Contre un tronc d'arbre poussant à l'oblique,
S'étire, faisant saillir soudain les os
De sa presque imberbe cage thoracique.
Une jambe repliée et l'autre tendue
Où s'étale imposante sa verge velours,
Le Marquis s'allonge en une sensuelle arabesque.
Octavie peut enfin, dans la lumière du jour,
Profiter tranquillement de la vue
De ce corps, ô si nu, aux allures faunesques...
Elle dessine,
Attentive aux courbes des muscles
Au grain de la peau
Au jeu des rayons du soleil...
Elle imagine
Aux creux des ombres en sommeil
Sa main qui cours sur son dos
Tandis qu'elle s'ennivre de son parfum de musc...
Comme s'il avait lu dans ses pensées
Le Marquis s'est brusquement levé.
Il la rejoint, se glisse derrière elle,
Puis porte son regard sur l'ébauche déjà belle.
Et comme dans sa rêverie
La douce et jeune Octavie
Sent l'odeur masculine
Envahie ses narines...
© Cyr
*
Serieux Octave
si calme paraissant
dessine le visage
beau
le regard vif
et souriant
de cils ombrés
la bouche charnue
la belle chevelure
Evite à son regard
de descendre
vers la verge souple
sur la cuisse posée.
N’est pas si innocente
et sait ce qu’est l’émoi
et ce parfum d’homme
sous le chaud soleil
jusqu’à elle s’épand
Brusquement levé
il s’est approché
passe derrière elle
observe le dessin
et se penchant,
amicalement
pose une main pressante
sur l’épaule dodue
et frêle
Curieuse,
la main hésite
impatients
les doigts frôlent
glissent
jusqu’au petit sein
ferme et frémissant.
O. est émue
dit “non !”, veut se lever
Le Marquis, dans un rire
retient la jeune oiselle
contre sa verge ferme
bouscule le bonnet
dans ses mains reçoit
souple la chevelure
brune et ondulée
comme une cascade
chaude.
Octavie s’est levée
se retourne effrayée
sur sa poitrine croise
ses jolies mains
de peinture tachées
De ses yeux verts
éplorés et émus
observent du marquis
le regard ravi et étonné...
© O
III - Leçons de
choses
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