Les sirènes
Les vagues hurlent leurs grondements,
Mugissant leur liberté dans le vent,
Fracassant leurs rouleaux sur les dunes,
Rythmant leurs va et vient sous la lune
Dans ce vacarne, un chant s'élève,
Murmure de soie, s'amplifiant sans trêve,
De frêles silhouettes se dessinent sur la grêve,
Cette nuit, les îliennes deviennent sirènes
Deux par deux, elles bravent leur peur du squale,
S'avançant dans le néant, guidées par
l'écume aux reflets d'opale,
Pleines de grâce, elles entament un curieux ballet,
Attirant dans leurs filets de minuscules trésors,
Défiant les dents de la mort....
Au petit matin, sortant des eaux troublantes,
Transies de froid et chancelantes,
Les sirènes redeviennent îliennes
L'océan, ses mystères, ses dangers,
Toujours les appelle, faisant d'elles ses fiancées,
Epousant les formes de leurs corps,
Sans jamais les couvrir d'or...
Octobre 2006
© BB