A la vue d’un fruit
mûr
Il l’avait rencontrée un dimanche au marché,
Ses couleurs éclataient sous le soleil d’été
Elle goûtait les cerises, ses lèvres rougissaient
Il cherchait des melons, d’une main, soupesait,
Le fruit paraissait mûr, ils étaient côte à
côte.
Des voix hautes vantaient les saveurs sucrées
des abricots dorés, des fraises et des pêches.
Le vendeur leur tendit la moitié d’un même fruit,
dans un large sourire, elle l’avait dégusté
de ses grands yeux noisettes et s’était mise à rire
bouche pleine et juteuse du fruit jaune de l’été.
En saisissant une pêche, aux promesses capiteuses,
leurs corps s’étaient touchés. Il avait
déposé
dans sa main peau de pêche, l'objet tant convoité,
en caressait la pulpe et d'un regard gourmand,
reluquait sans vergogne deux brugnons savoureux.
Elle était rayonnante, il souhaitait l’emporter,
savourer à pleine bouche la pulpe de ses lèvres,
en découvrir la chair, sous sa robe estivale
en extraire les saveurs, s’enivrer des odeurs,
et mordre à pleines dents dans les fruits de l’amour.