Salune à mes lunes
Il n'y a que chez la
vieille de Candide, chez quelques sadiques adeptes du
coupe-coupe, chez les astronomes en culotte courte et chez les
fétichistes de la fesse droite que les lunes ne vont pas
par paire.
Pourquoi deux ? Parce qu'il est ainsi plus aisé de satelliser,
parce que la paire révolutionne mieux que la simple, parce
qu'à deux, l'une matte pendant que l'autre est
explorée et que l'autre se repose tandis que l'une est
alunée.
Vos cratères de beauté ne sont que le grain de ma peau,
et à y regarder de trop près, vous n'y voyez que
mes pores, petit cochon que vous êtes !
Il y a des jours où je suis bien lunée dans un pantalon
noir à fines rayures blanches tandis que l'on gravite des
escaliers à Montmartre, et puis d'autres jours où
je me sens lunatique, prête à rebondir.
Tandis qu'un terre-à-terre se contenterait d'un seul, quand
l'heure est grave et que vous gravitez autour d'elles, vous y
déposez six petits baisers, quartier par quartier, et
déclenchez ainsi mes marées.