Furie d'amour
Dans
une mise négligée, une pose alanguie, déjà
offerte mais sans en avoir l'air, je saurai faire pointer ton
désir.
Fée, magicienne, enchanteresse, par mes seuls yeux
braqués sur cet épicentre, je jetterai en toi un
séisme, j'ébranlerai tes fondations, je
t'anéantirai.
Si tu oses une main franche, une main sur ma hanche, son empreinte
brûlante sera la clé, clé d'horizon, clé
d'un jardin où les fruits ne sont pas défendus. Je
t'invite au festin grisée par l'abondance, la profusion de
fragrances, de promesses exquises au palais.
Branle bas de combat, que tout vole en éclats ! Boutons, zips
et scratchs, sens sans dessus dessous. Mets tes désirs à
nu et leur immensité grandissante. Tout arsenal dehors
déplies tes troupes car sonne l'assaut.
Vois mes dents qui s'aiguisent, tu seras impuissant à
éviter le carnage.
Jetée dans la bataille, amazone en furie, je te chevaucherai
vers la petite mort en griffant ton poitrail. Alors mine à ciel
ouvert, je pillerai tes trésors jusqu'en ton plus intime.
Je graverai ma victoire au revers de ton corps à l'encre des
amours.
Tu seras traqué, acculé, assiégé. Je te
ferai victime, je te crucifierai sur mes tièdes collines, ton
sang ruissellera sur un autel de chair élevé à la
gloire du stupre et de la fornication.
Je te ferai mourir et puis ressusciter, je t'accorderai grâce si
tu ne faillis pas. Ou d'un seul coup d'un seul, si ton désir
supplante le mien, je déposerai les armes, tu auras l'avantage.
Fiévreuse et tremblante, je louerai ton adresse, j'invoquerai
ton nom jusqu'à la transe. Je glorifierai ton corps, ses
attributs masculins, ses armes qui m'ont vaincue. Je m'inclinerai, je
pactiserai, j'abandonnerai à tes mains, ta volonté, mon
corps et ses désirs. Réconciliés nous partagerons
la même quête.
Tu me découvriras vraie, entière, lisse, morceau de
coquillage poli par le ressac que tu feras glisser, luire et reluire
entre sous tes doigts pour en extraire la douceur.
Tes mains caméléons sur ma peau tels des phasmes,
prendront la couleur de ma chair et celle de mes fantasmes. Tu me
parcourras de frissons, tu me saupoudreras de spasmes, tu te fondras en
moi.
Papillon butine, papillon lutine, tout ce que tu veux, tout ce que tu
peux. Papillon insatiable, papillon palpitant, trompe perdue dans ma
corolle, grisé de mes nectars, ailes trempées de cyprine,
percutant sans fin la lumière de mon corps en y cherchant la
lune.
Papillon trempé je soufflerai sur tes ailes, papillon
épuisé sur moi viens te reposer. Pose enfin ton oreille,
viens écouter mon coeur qui tarde à se calmer.