Les saisons de la nuit
Ne nous leurrons pas, nos corps nourrissaient nos âmes, nous buvions à la même source
A ta bouche précieuse, sur ton sexe, je recueillais l'amour, il perlait en surface
Aucune parcelle de ta peau que je ne cultivais
Au printemps de la nuit j'arpentais mon royaume, caressait les épis verts
A l'été de la nuit l'odeur de la terre tiède et d'herbe froissée, chantaient l'heure de la moisson
Nous ne voyions passer l'automne, animés par une faim profonde
Nos hivers n'étaient que chaleur, nous offraient les fruits les plus sucrés,
La proximité la plus innocente, deux frères siamois et leurs territoires mêlés