Tes yeux d'Asie
Sont comme un temple
Où je m'en vais baigner,
Tes yeux d'Asie,
Sont un lieu
Où me ressourcer.
Toi, mon aimée
J'irais jusqu'au Temple d'Isé
Pour te retrouver,
J'irai trouver l'Empereur -Dieu lui-même,
J'irai défier le Shogun
Pour un baiser de tes lèvres,
Plus douces que soie,
Plus pures que l'eau qui jaillit au printemps,
De la fonte des glaces.
Tes longs cils,
Sont tendres à mon souvenir,
Ton iris brûle d'un feu ardent
Toujours là présent,
Au creux de ma mémoire.
Ton corps, ton beau corps,
Je le désire tant,
Toi qui m'a éveillé à la vie,
Ton corps de marbre,
Ton corps d'albâtre,
Tant je le désire,
Que j'en suis toute
De frissons parcourue;
L 'ardeur de la passion,
Brûle dans mes veines,
Mes mains ont soif de ta peau,
Ma langue est flamboyante de désir de ton intimité,
Je veux te posséder,
Te laper, te sucer, te mordre et te lécher,
Je veux boire aux sources mêmes
De ta personnalité.
Dans ton vagin,
Je veux m'immerger,
Dans tes lèvres,
Je veux me noyer,
Je veux plonger
Jusqu'au fond de ton utérus,
Et renaître de tes reins,
Tel l'enfant nouveau-né.
De mes mains
Et de ma bouche,
En toi, je me recréerais,
De ton buisson ardent,
Qui m'affole de plaisir,
Et où je m'en vais nager
Comme un lamantin,
J'émergerais à nouveau,
Comme une femme enfin,
Un être humain à part entière,
De pensée, de sang et de chair,
Je serais le Phénix
Renaissant de ses cendres,
Au dedans de toi,
Enfin réanimée,
Par le choc de notre rencontre.
J'étais le Non-Crée,
Et tu m'a tiré des ténèbres de la Nuit Eternelle,
Où n'existe nulle chose,
Ni ne subsiste nulle pensée,
La Vie est une chimère,
Et le Corps une impossibilité.
Avec toi,
Mon Désir enfin est né,
Et mon corps s'est réveillé,
Mon besoin d'une présence amie s'est ranimé,
Et ma faim de chair s'est enfin incarnée.
J'ai tellement faim de toi,
Que j'en défaille presque,
Urgence de nos corps à corps,
Besoin vital de nos peaux à peaux,
En moi,
Tu réveilles des désirs archaïques,
En moi tu réveilles des sentiments premiers,
Comme ceux d'un nouveau-né
Sur le sein de sa mère.
Je suis ton enfant,
Je suis ton amante,
Ta présence toujours me hante,
Qui donc es-tu,
Toi, mon aimée par delà l'Eternité ?