J'ai pris l'orange sur le mur qui poussait au sud,
J'ai mis mes lèvres pour en absorber le jus chaud
Et ensoleillé,
J'en ai mangé la chair pulpeuse et revigorante,
Et j'ai crû que je t'embrassai,
Toi, mon aimée,
J'ai crû saisir sur tes lèvres le goût chaud de ta bouche,
J'ai pensé me fondre en toi,
Comme l'orange se mêlait à ma bouche,
Ce liquide chaleureux et suave,
C'était toi personnifiée que je goûtais,
C'était en toi que je pénétrais et qui me pénétrait,
Cette chair douce et fondante,
C'était ta peau que je léchais,
L'écorce en avait le grain de ta peau,
Ferme et croquante,
Les quartiers avaient la qualité de ta peau,
Souple et à la saveur de miel,
L'odeur de ces fruits gorgés de soleil,
Me mettait à l'eau à la bouche,
Tant ils me rappelaient la fragrance si enivrante
De ton corps,
Je les prenais dans ma main,
Je les faisais rouler le long de mon corps
Et c'est ta présence que je retrouvais,
Les sensations que tu fais naître en moi que je retrouvais,
Je faisais couler le jus chaud le long de mon corps
Et c'est l'excitation que tu fait naître en moi
Dont je me souvenais,
Les quartiers, séparés un à un,
Que je mettais dans ma bouche,
Lentement dégustés
C'est ta personne toute entière
Que retrouvais,
Le moindre mouvement de mâchoire
Faisait jaillir en moi des brassées de souvenirs
D'exaltation,
Des flambées de passions,
Les morceaux d'orange lentement malaxés dans ma bouche
Me menaient au bord de l'explosion,
Et j'atteignais l'orgasme lorsqu'ils descendaient dans le long de ma gorge,
Réveillant des tourbillons de plaisirs,
De désirs et d'orgie,
Auxquels j'ai aspiré et j'aspire toujours,
Et toujours comblés par ton amour.