A table
Une soirée entre amis, resto à la mode,
Musique branchée sur cuisine espagnole,
« Et ton boulot ? » « Aussi vibrant que mon gode
»
Le bruit couvre ce dialogue sans paroles.
J’imagine les regards choqués, mais après tout,
Peut être seraient-ils intéressés ?
Ma voisine parle des fumées de Katmandou
Je pense aux centimètres qui me font planer.
Elle raconte combien elle a marché, soufflé
Pour ces monastères isolés du monde
Perchés sur les hauteurs de ces cimes enneigées
« J’ai trouvé l’élévation de mon âme
profonde ».
Je réalise toute la chance que j’ai
De pouvoir jouir à volonté de ce moine
Qui m’emporte sur mes flots enfiévrés
Aussi profond que le permet ma poigne.
«Pourrais-je avoir des moules de la paella ? »
Demande d’un air gourmand mon voisin d’en face
« La mienne est chaude, prête à siffler le La
Entre des lèvres humides » n’a pas sa place,
Autour de cette table, où je sens mon cœur battre,
Entre mes cuisses, caresse sous la nappe
D’un doigt nonchalant au milieu de quatre
Dessinant des volutes tout autour de mon cap.
Perdue au milieu de l’océan du désir
Je t’emmènerai volontiers vers la source
Quatre lèvres barbues unies dans un soupir
Délices du baiser déposé sur tes bourses
Et alors qu’un doigt saluera ton anal
Je laperai ta liqueur d’une pression buccale
Un revirement de situation numérique
Qui révolutionne notre lit
En une chevauchée homérique
Qui se termine dans un cri.