L'huître perlière
L'huître
se referme sous les doigts du pêcheur,
Sa morsure ferme mais agréable, peut-être fatale,
Merveilleux coquillage, peu coûteux pour les bourses du
gourmand,
Se consomme sans modération, le plus naturellement.
Fruit de l'océan, déposé sur le rivage, par la
houle d'une vague vagabonde,
Sur un lit d'algues parfumées, qui lui rappelle sa saveur.
Le gourmet caresse ses deux lèvres mi-closes, détendant
le muscle qui la rattache aux rochers de son passé,
permettant ainsi la pénétration de sa lame fine,
qui libère, dans le silence bleu, une écume saline,
du plaisir partagé, avant de s'en nourrir.
Qu'elle soit fine de claire, perlière, creuse ou plate,
Quelle que soit son origine,
Le pêcheur, mille fois recommencera, sa recherche pour ce
coquillage sacré, si doux, si précieux qui fond dans sa
bouche, tel un corps libéré de toutes attaches,
naufragé sur ses lèvres, dans l'écume marine.
Fruit de l'océan, nourri dans la mouvance des vagues
câlines, des lames de fond, des vents offerts sous la
voûte étoilée,
Nacre perlière, que les pêcheurs sous la lune
libertine ensemencent et cultivent sur des lits de tendresse
faits de grains de sable fin.