Tissu frais à jolis
carreaux vichy,
Laissant filtrer l'odeur du désir,
De la sueur légère mêlant inquiétude et
impatience…
Fragrance existant les sens…
La matinée de juin était déjà chaude,
Le temps compté, les lieux étrangers…
Il avait fallu quelques ruses,
Quelques mensonges peut-être,
Pour arriver à se retrouver là…
Les lèvres se le disputaient aux doigts,
La fébrilité accélérait déjà
les respirations…
Aurions-nous le temps de faire connaissance ?
Les habits se froissaient,
Les peaux s'irritaient, la barbe récente m'échauffait…
L'impatience devenait violence de peur de devoir renoncer au
plaisir…
J'ai alors fermé tes yeux, calmé ton souffle …
Nous avons apaisé l'agitation anxieuse…
Juste laissé balader nos doigts et nos lèvres
Dans une découverte tendre.
Puis ont été défaits, un à un, lentement et
tranquillement,
Les petits boutons de la chemise légère…
S'ouvrant sur la peau douce et chaude d'envie.
Les mains sous les tissus ont exploré,
Poursuivant leur chemin,
Nos corps tendus de désir…
Dialogue de caresses,
Correspondance muette,
Lecture de l'envie de l'autre
Accord…
Les habits ont glissé,
Nos bouches, nos doigts
Nos sexes se sont emmêlés,
Rattrapés par un beau plaisir,
Trop vite transformé en souvenir
D'une première fois dont nous redoutions qu'elle soit aussi la
dernière…
Tu m'as promis de ne jamais te séparer de ta chemise aux petits
boutons que j'avais
défaits, un à un…