Accueil
|
Retour
à la liste "Hommes"
Folsex
Le vent sifflait sa déroute à l'ombre
des cyprès…
Une porte claquait sur le Causse de Margeride…
Un baladin microscopique déroulait un texte en langue d'Oc.
Plus tard, beaucoup plus tard, ailleurs…
Peut-être à l'ombre d'une pyramide,
Ou bien sur un piton de cette vieille Cordillière Annamitique,
Perdue au royaume des Méos
Dans le pays de Vang Pao.
Ou bien encore, du côté de Cuzco
Là où finit l'histoire…
Là où des gouvernements inscrivent en rafale,
Des directives, avec des balles…
Qu'ils auront trempé dans le sang !
Il faisait nuit !
J'avais dix mille ans.
Je gravissais une montagne à neuf portes,
Avec ses forêts, ses gorges et ses pics,
Laissant les feux aux profondeurs des plaines.
Je foulais au pied, des tombeaux,
Entre les hautes pierres à visages, dressées sur une
portion de falaise, au pied du plateau des Bolowens.
Je marchais, je
marchais,….mouillé
Sous une pluie amère, semblable à
celle venant de tes cuisses
Dans tes instants de bonheur.
Bras et jambes raides j'avançais,
Tendu vers le sommet, comme l'est
Mon sexe, quand je consomme dans ton ventre,
Avec intensité, cette pénétration partagée,
voulue, désirée.
Aimer ou
tuer….
Mourir petit à petit tout au long de sa vie,
Sachant que l'on ensemence les vivants,
Qui après nous poursuivrons notre vie, enrichie si possible
De leurs propres acquits.
J'avais mille ans !
Plus question de rire désormais.
Au long des chemins de sang circulent de funèbres brancardiers,
Tièdes et vivants, jetant, depuis des charrettes solitaires, les
foudroyés de l'oubli, victimes de Pol Pot,
Que l'on envoyait pourrir en des sanctuaires
Gorgés de crânes et de carcasses.
J'avais sept ans !
J'avançais, caressé par un vent de
feutre, tiède et chaud,
Venu des profondeurs abyssales.
Tenu dans mon poing noueux, la canne d'un vieux Compagnon
Me donnait force et vigueur.
Est-ce sa rectitude absolue qui préfigure ce que sera la parole
à venir,
Mais dite ailleurs…dans un autre espace,
Que chaque corps peuple à son envie ?
Le soleil, la lune sont immuables.
Seul mon être tourné vers l'Au-delà flamboie.
Mes yeux
s'enfoncent dans ton sexe
Aussi profond que mon désir de toi.
Ce jaillissement n'est pas seulement ce moi expulsé vers une
autre naissance,
Il est aussi larmes d'Amour, jetées dans un paroxysme,
jusqu'à disparaître
Dans un souffle, emporté par une lumière qui dure au de
là de tout espoir.
J'avais cinq ans
Mon paysage se trouve à l'intérieur de
ton regard que mes mains
Tatonnantes découvrent.
Rêve ou réalité ? L'admirable, le simple, c'est de
se savoir de passage,
Au centre d'un monde dont on ne perçoit pas la
réalité,
Enfermé dans une pierre ou s'inscrivent nos rêves et
identités.
Je reviens, je
repars, crispé, courbé,
Les nerfs en plaie, fécondé par
l'humeur de ton ventre,
Enfouis dans la rumeur et les remous de ton corps,
Qui dans la nuit se tord.
J'avais trois ans,
Dans la succession du temps…
Grâce à l'illusion d'un Architecte, venu à ma
rencontre,
Et prenant par instant la place d'un Dieu disparu.
Chaque Homme peuple le peu d'espace qui lui suffit.
Qui est-il ? Seras-tu, comme lui, mise en avant, au milieu des colonnes
De ce temple, de la plaine de la Bekaa ?
Quel est ce cri jamais identifié ?
Les jours et les nuits te reconnaissent après les épreuves
D'une initiation, qui te rendront à la vie
déchiquetée, ouverte,
Comme le compas des jambes dont tu me ceins, quand mon sexe te pourfend.
Dehors, dedans, avec le bruit d'une parole…
Dehors, dedans, d'un même battement…jouissant de ce mouvement
Qui n'ajoute rien au monde, mais fait espace.
J'avais toujours
trois ans…
Paysages, regards, allusions, paroles, la terre
s'étend comme toi où je suis…
Tel un point sur l'espace nous sommes jetés dans l'infini,
Où tous se perdraient, s'ils n'étaient Initiés.
La bas, au fond de ton ventre, le soleil est noir, la lune est rouge,
Attirant de leurs feux les fils de la mélancolie,
Qui souhaitent pénétrer ton anneau pour connaître
l'arc en ciel.
Tout recommence.
Fermons les yeux pour voir le paysage
intérieur, puis la réalité du dehors,
Sans que rien n'empêche que surgissent les rêves
d'école buissonière.
Je n'avais plus
d'âge…
A genoux….nuque broyée par une main Experte,
J'agonisais au seuil d'une porte ouverte.
Que de phrases et de mots pour dire cette stupéfaction qui
enfièvre les veines.
Ce cri muet, cette nuit éblouissante,
Cette éruption d'un volcan de bout du monde,
Cette chute sans fin………enfoncé dans ton dos……..
Tué par un néant, qui est ce silence tumultueux, cette
fin du monde,
Où quelque chose, où quelqu'un est né.
Rien ne satisfera jamais nos membres, nos poumons, nos lèvres et
nos yeux,
Dans cette errance à travers d'interminables élisions,
De ces soirs de flammes et d'odeurs où lumières et
couleurs sont emmêlées.
Bientôt,
après cette porte, la lune sortira,
Mince comme un rasoir, penchée sur le
désert de ce monde aliéné.
Belles aventures, beaux projets, rêves ambitieux……….. ?
L'on est toujours punis par où l'on a pêché.
Qui fait jaillir la vie
Par la vie des
autres sera immortalisé.
|