C'était hier…
Ma jeunesse s'écoule sans me rassasier
Du silence des nuits troublés au bruissement
D'ombres noctambules aux sexes érigés
Qui s'approchent et me palpent en me déshabillant
Un seul ou bien plusieurs ces corps estompés
Jouent de moi, de mon corps, jusqu'à la chiennerie
Me déchirent et me tuent me laissant épuisé
Au milieu des ordures, vautré dans le pourri
* * *
Je rêve, cauchemars, d'aubes hallucinantes
Yeux hagards, tête vide, ivre de me coucher,
Pour dormir quelque temps au chaud de ma soupente
En rêvant, assoiffé, à ces lieux
envoûtés
Arènes au sol gelé où s'offre le héros,
Après des rites frustes, piqué de banderilles,
Puis l'épée aiguisée qui traverse la peau
Libère la jouissance perlant sur les brindilles
* * *
Je vis de souvenirs hantant mon vain sommeil
Esclave de mes sens, à jamais nostalgique
De ces temps d'anarchie usant mes soirs de veille
A dévorer le sexe en des scènes magiques
Où je suis, animal, guidé par des pulsions
Qui me poussent aux garçons à la tige sucrée
Que je flaire puis lèche et teins de mes suçons
Puis dirige à ma gorge s'offrant pour la bouchée
* * *
Qu'un seul m'aime alors de ces rencontres folles,
Ces centaines d'amours aux étreintes furtives,
Qu'il me lie de ses bras enchanteurs, je m'envole
De ces lieux insomniaques pour qu'enfin je revive
Laissant aux bois humides mes amis, mes semblables
Liés à leurs folies comme esclaves à la
chaîne
Accomplissant aveugles mille joutes coupables
Ils jouissent dans la brûme et se rient de la haine
* * *
Où sont des nuits merveilles ces frères suppliciés?
Sur des lits de gisants à guetter l'assassin
Instant abominable, quand la vie essoufflée,
Froissera dans les draps leurs corps de chérubin