Tes mains tournent
tes bras balancent tes épaules tombent ta nuque se dresse tes
yeux roulent les arbres immenses ocres et vertueux grimpent sur
ton corps dans les feuillages de février plombant des
rosaces fanées sur des ombres pleine de terre je t’imagine dans
cette terre te crotter de virgules de boues où par endroit
les feuilles s’accouplent
Là divinement dévêtue tu rampes
et te couvres de l’ancestrale feuille rougie au feu de cet
automne défait tu es rousse sans doute toi aussi et
prenant ton plaisir de la terre retrouvée tu mouilles et
te macule de la tourbe retournée passant tes mains sur tes
cuisses et ton sexe tu sembles les yeux presque fermés
chercher à faire l’homme à la mousse ainsi
débusquée alors gémissant et griffant
incertaine et farouche chaque parcelle de la planète ton ombre
se retourne et s’enfonce à l’épais maquis que les
champignons chargent de fièvres malheureuses
Comme tu l’auras longtemps voulu je suis
habillé devant toi simplement je m’accroupis et dans un
veston d’un blanc tranchant je te sers un verre de vin que tu saisis
à plat ventre toujours les paupières
baissées et sitôt que tu l’as goûté tu
penches la coupe sur ton ventre et mêle le sang au feu
avec ce gloussement que je n’oublie pas
Plus loin la ville déborde d’orgasmes
saisonniers tandis que tournant ma main sur tes fesses je dessine
les arabesques du désir en regardant le frisson sur ton
échine dessiner la musique de chaque petit bruit qui
compose le silence des bois
Cannibale offusquée d’un mouvementsi
offensant quelqu’innocent me semblait-il elle prend ma main et en
suçote un doigt semblant trouver dans l’humus mêlé
à la salive le goût sauvage de l’animal
léchant une plaie
Toujours le feu semble éclairer ta peau
joignant des éclats fauves à ton corps sali
resplendissant comme celui d’une vierge offensée beau de
sa nudité de spectre malgré l’outrage du vent la
scène s’éternise complaisamment et tandis que je te
ressers tu roules ton ventre pour que craquent les brindilles
éparses
Tu me dis doucement vois comme je frissonne c’est
que j’ai glissé sur les cailloux mon ventre innocent que
la planète enfante en moi la plus pure des étincelles que
le vent couve le petit de la forêt que l’humus fomente ses
ressorts détendus contre mon sexe fertile et que l’agitation
des arbres aura bercé l’enfant magique des lieux
Son nom sera vulcain des forces de la terre et pour
ses armes sans nombre il viendra se ressourcer à cette
place verse le vin dans mes paumes que je m’enivre de cette joie et que
la pluie l’orage et le tonnerre vienne bénir cette union
de légende verse oh mon ami ne m’en veut pas de ne
pas te donner davantage je t’offre mon plaisir et ce moment de feu
où je me suis enfoncée dans la terre pour sentir ma
Mère fouiller mon corps
Alors agitée par un démon monstrueux
sa main plongea dans son sexe et elle se tordit comme un poignet
qu’on casse