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Anatole France (1844-1924)
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Jacques Anatole François Thibault, de son vrai nom, est baigné dès l'enfance  dans la littérature et la politique : son père était libraire et l'un des plus grand  spécialiste de la Révolution Française. Les premiers des ouvrages d'Anatole  France à être publiés furent poétiques : une étude sur Vigny (1868), puis ses  Poèmes dorés (1873), dédiés à Leconte de Lisle, lequel le fait entrer comme  Bibliothécaire au Sénat en 1876 (il y restera jusqu'en 1890). Il collabore à de  nombreux journaux en tant que critique littéraire et acquiert la notoriété avec son  roman Le crime de Sylvestre Bonnard (1881).

Il se marie en 1877 avec Valérie Guérin de Sauville, 13 ans plus jeune que lui,  c'est une union de convenance dont il aura tout de même un enfant : une fille  prénommée Suzanne (morte en 1918). En 1888 il rencontre Madame Arman de  Caillavet, belle-soeur d'Alexandre Dumas, qui tient un célèbre salon littéraire et  avec qui il engage une liaison. Il abandonne même le domicile conjugal en 1892  pour vivre avec sa maîtresse. Elle lui inspire Thaïs (1890) et Le Lys rouge  (1894).  Après le décès de Mme de Caillavet en 1910, Anatole France multiplie  les liaisons féminines (jeunes actrices…) pour finir par se remarier en 1920  avec Emma Laprévotte, la femme de chambre de feu Mme de Caillavet...

Elu à l'Académie Française en 1896, il s'intéresse de plus en plus aux problèmes  politiques et historiques. Avec son ami Emile Zola, il signe la pétition des  intellectuels en faveur de Dreyfus et rendra sa Légion d'honneur après qu'on  l'eût retirée à Zola. Il s'engage pour la séparation de l'Église et de l'État, pour les  droits syndicaux, contre les bagnes militaires, participe au Mouvement de la  Libre Pensée et comptera parmi les membres fondateur de L'Humanité et de la  Ligue des droits de l'homme.

Son scepticisme et son humour ironique assez féroce transparaissent à travers  son œuvre riche et diverses (romans, nouvelles, contes, pièces de théâtre,  études…) où il dépeint un monde que le fanatisme rend cruel. Des livres comme  Sur la pierre blanche (1905), L'île des pingouins (1908) et La révolte des Anges  (1914) témoignent de ses engagements.

Son sens de la formule est aiguë : "On croit mourir pour la patrie et on meurt  pour des industriels" - "Le christianisme a beaucoup fait pour l'amour en en  faisant un péché."(Le jardin d'Epicure, 1894) - "De toutes les aberrations  sexuelles, la pire est la chasteté", "Sainte mère de Dieu, vous qui avez conçu  sans pécher, accordez-moi la grâce de pécher sans concevoir." (Sur la pierre  blanche, 1905)

Retiré du monde littéraire après la Première Guerre mondiale il reçoit le Prix  Nobel de littérature en 1921, avant de s'éteindre trois ans plus tard.






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