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Ecrivain,
poète et théoricien du surréalisme
D'origine modeste, il entreprend d'abord sans
enthousiasme les études de médecine que prétend
lui faire suivre sa famille. Mobilisé en tant qu'infirmier
militaire à Nantes en 1916, il y rencontre Jacques
Vaché, fils spirituel d'Alfred Jarry, jeune homme
sarcastique et nihiliste qui a façonné sa vie de
"pohète" comme une œuvre d'art et meurt à 24 ans en ne
laissant que des lettres de guerre. Il a eu sur le jeune Breton une
influence importante : effaçant l'influence de Valéry pour celle de l'humour et de
l'art.
En 1919, Breton fonde avec Louis Aragon la revue
Littérature. Il se lie également avec le Dadaïste
Tristan Tzara et met en pratique le principe de l'écriture
automatique. Il publie le Premier
manifeste du Surréalisme, en 1924. Le groupe se constitue
autour de lui : Philippe Soupault, Louis Aragon, Paul Éluard, René Crevel,
Michel Leiris, Robert Desnos, Benjamin Péret.
Soucieux d'allier au "Changer la vie" de Rimbaud le "Transformer le monde" de
Marx, Breton entre au Parti communiste en 1927 (pour en être
exclu en 1933). Il vit des subsides de mécènes et de ses
corrections des manuscrits de Proust. Puis, inquiété par
le gouvernement de Vichy, il se réfugie aux États-Unis en
1941. À New York, où il fréquente Claude
Lévi-Strauss, il reconstitue autour de lui un groupe
surréaliste.
Accompagné d'Elisa, sa dernière
compagne, et de sa fille Aube, il rentre à Paris au printemps
1946. Dans une atmosphère culturelle et politique nouvelle,
Breton continue jusqu'à sa mort à animer un dernier
groupe surréaliste La
Brèche (1961-1965).
Pour Breton, l'amour est, comme le
rêve, une merveille où l'homme retrouve le contact avec
les forces profondes. Amoureux de l'amour, il dénonce la
société pour avoir trop souvent fait des relations de
l'homme et de la femme une malédiction, d'où serait
née l'idée mystique de l'amour unique. Pourtant, il
s'élève de toutes ses forces contre l'idée que
l'amour, sous l'effet du temps par exemple, soit voué à
une déperdition fatale. La rencontre de l'homme et de la femme
reconstitue "un seul bloc de lumière", dont "la chair est
soleil".
Devant la
Femme, son attitude est celle de l'adoration. Pour
l'évoquer, il se place sur un temps mythique, qui reste le temps
surréaliste par excellence, et lui donne la fonction souveraine
d'initiatrice.
Trotsky André Breton rayonnants
- 1998 © Ody Saban
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