Viens
me trouver. Je languis, je sèche, je meurs d’impatiente. Toute
seule sur mon lit dans cette belle matinée… Ah ! où es-tu
?... Peut-être dans ce moment tu es dans les bras de ton
époux. Peut-être dans ses mains dures il ose presser tous
ces charmes où mes baisers
Ont empreint tant de fois mes lèvres enflammées…
O ma jeune souveraine, ne te laisse jamais approcher à des
hommes. Ils sont laids, mal faits, grossiers, ils ont le corps couvert
de poils, ils n’ont point de contours gracieux… Viens, viens trouver la
belle Sappho… Seule ici, je me regarde dans la glace qui est dans mon
lit. Vois comme je suis belle… J’ai telle et telle forme… comme toi… et
mes mains potelées, douces, délicates sont faites
plutôt que les mains dures des hommes pour caresser nos membres
doux et délicats… Mais tu ne viens point… Ah !
J’aime à me souvenir du temps de notre enfance,
Quand élevées ensemble nous imitions nos maîtresses
d’écoles et [mot en ancien grec non transcriptible]. Tu
étais déjà charmante… Ta petite figure enfantine…
Mais depuis ce temps, tes tétons se sont embellis… Tes hanches
ont grossi… Une jolie toison est venue. Ta bouche a appris quels
baisers elle peut donner… Tes yeux ont appris à… à se
tremper d’amour… Ah ! viens, viens, (répéter les vers du
commencement), je languis… jam totis resoluta medullis.
Il faut l’appeler Cydno, candida
Cydno. C’était une
maîtresse de Sappho.
NB : Gilbert Lely se
serait inspiré de cette élégie pour son Sappho
à Cyndo