Poète, avocat,
historien et orateur, André de La Vigne fut secrétaire
d'Anne de Bretagne, Reine de France, et en 1494 Charles VIII le nomma
historiographe de l'expédition d'Italie qu'il mit par
écrit, sous forme de journal :
Histoire
du voyage de Naples du roi Charles VIII. Il est
considéré comme l'un des premiers représentants du
pétrarquisme en France.
On lui doit des
oeuvres
religieuses :
La Ressource de la
chrestienté (essai historique),
Le mystère de Saint Martin
(drame),
Le monde ancien et nouveau
(traité de morale) - une traduction, du latin en francais,
d'épitres d'Ovide :
Le Verger
d'honneur, en collaboration avec
Mellin
De ST Gellais - du théâtre en vers :
La Sotie à huits personnages (Le
Monde et Abuz) - ainsi qu'une farce satirique et
rhétorique :
Complaintes et
épitaphes du Roy de la Bazoche qui fut interdite
après sa mort car ce théâtre de type profane
laissait une place trop importante aux audaces des acteurs et des
auteurs contre les mœurs et surtout contre le pouvoir en place.
En savoir plus
: F. Lestringant,
De la
défloration aux ossements. Les jeux de l’amour et de la mort
dans les Héroïdes d’André de la Vigne et de Clément Marot, 1988
Rondeau
J'en quitte l'art d'amoureuses brunettes
Et le déduit des hardelles finettes
(1).
Car désormais puisque dure vieillesse
Malgré mes dents me tient de court en lesse
Plus ne ferai trembler fer d'éguillettes
(2)
De me trouver en petites logettes
Chambrées parées, jardins et masionnettes
Où que l'on joue à fesse contre fesse
J'en quitte l'art :
Je n'use plus que de vieilles lunettes
De larges chausses et longues aguillettes
(3)
Qui sentent trop le refrain de tristesse
Dont désormais à faire gentillesse
Qui puisse plaire à femme ni à fillettes
J'en quitte l'art.
1510
(1) le plaisir
sexuel des jeunes garces
(2)
+ (3)
cordons pour tenir le pantalon / courir
l'aiguillette = avoir de multiples aventures sexuelles
Cité
in Petit traité de V.
Sertenas (1538)