Tu es la poésie venue du fond des temps,
Le pollen porté bouche à bouche,
jour après jour.
Ton ventre mûrit les tempêtes de l'amour,
Tu jettes par milliers
Les fleurs et les oiseaux
En pâture aux incrédules.
Je viendrai frôler tes murs,
Peupler ton insomnie.
Tu entendras des mots d'herbe et de rosée.
Je te dirai à voix perdue
Ce que le silence tenait prisonnier.
*
Je te caresse de mots
Avec la voracité
D'une main qui ne se pose pas.
Je te touche d'un sourire
Qui s'efface sous la poigne
D'un cri silencieux.
Les gestes suspendus
Sont autant de blessures tendres,
De déchirements attendus.
Je me couche contre l'envie
Que j'ai de toi,
Je te sens bouger en moi
Si semblable à moi-même