Les
deux gendarmes
Deux gendarmes, un beau dimanche,
S'astiquaient le long d'un sentier ;
L'un branlait une pine blanche,
Et l'autre un vit de cordelier.
Le premier dit, d'un ton sonore :
Je veux t'enculer, mon garçon.
- Brigadier, répondit Pandore,
Brigadier, vous avez raison.
Phoebus, au bout de sa carrière,
Put les apercevoir tous deux,
Le brigadier dans le derrière
Agitant son membre nerveux.
- Vois, dit-il, moi je bande encore,
Quand tu rabaisses le croupion !
- Brigadier, répondit Pandore,
(Un peu
fatigué)
Briga... dier... vous a... vez raison.
- Lorsque dans ton cul je tripote,
Ce n'est pas sans difficultés.
Je dois garantir ma culotte
D'une foule de saletés.
Pourtant, l'épouse qui m'adore
Se branle seule à la maison.
- Brigadier, répondit Pandore,
(Avec conviction)
Brigadier, elle a bien raison !
Il me souvient de mes prouesses :
J'ai fait plus d'un mari cocu ;
J'enfilais toujours mes maîtresses,
Soit par le con, soit par le cul.
Car mon vit, pourquoi ? je l'ignore,
Aime à changer de garnison.
- Brigadier, répondit Pandore,
(D'un ton flatteur)
Brigadier, il a bien raison.
Mes amours sont capricieuses :
Un cul rosé ne me plaît pas ;
Pour moi, tes deux fesses merdeuses
Ont plus de charmes et d'appas.
J me fous de ce météore
Qui de pucelage a le nom.
- Brigadier, répondit Pandore,
(Par complaisance car il
ne comprend pas cette figure)
Brigadier, vous avez raison.
Puis il se fit un grand silence,
Et dans son amoureux transport,
Le nez sur le cul qu'il encense,
Le brigadier tombe et s'endort.
Soudain, un bruit non inodore
Vint le tirer de sa pâmoison :
- Nom de Dieu ! vous pétez, Pandore !
- Brigadier ! vous avez raison !
(Répond Pandore en
se bouchant le nez)
- Signé
J.D.L.G. (je n'ai pas trouvé à quels auteurs
correspondent ces initiales d'où mon choix de placer ce texte
dans la rubrique anonymes)
in Parnasse Satyrique du XIXè
siècle, 1864, tome 1
- Parodie de la chanson Pandore (1853) de Gustave Nadaud
(1820-1893)