Poète
et grammairien grec, disciple de Callimaque de Cyrène,
Apollonius compose une longue épopée, les Argonautiques,
qui s'éloigne des enseignements de son maître et vise
à se rapprocher de la simplicité homérique. Suite
à sa querelle avec Callimaque, il s'exile à Rhodes,
où il fonde une école de rhétorique. En même
temps, il retravaille son poème. Rentré à
Alexandrie, il connaît le succès et entre dans la
première Pléiade poétique.
Ptolémée III le nomme directeur de la bibliothèque
d'Alexandrie, en succession d'Ératosthène. Les Argonautiques, très appréciées des Romains, ont été une source d'inspiration continue.
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Tout le coeur de Médée se tournait vers une seule pensée
Tandis qu'elle chantait ; tous les jeux, malgré le plaisir
De la musique, étaient impuissants à la retenir logtemps.
Elle s'interrompait, pleine d'angoisse, et ne pouvait tenir
Un oeil tranquille sur le groupe des servantes : au loin,
Sur la route, elle regardait sans cesse, et là-bas inclinait sa joue.
Son coeur était près de se rompre dans sa poitrine, chaque fois
Qu'elle imaginait le bruit d'un pas, - ou celui du vent, passant rapide.
Soudain il apparut à l'attente de ses yeux, éclatant
Comme Sirius bondit et s'élève au-dessus de l'Océan,
Belle étoile ! mais qui, resplendissante à voir, entraîne
Bien souvent pour les troupeaux d'affreuses misères.
Aussi splendide s'avançait Jason, dont la vue
Causa à Médée un tourment terrible.
Son coeur cessa de battre : ses yeux s'obscurcirent,
Une rouge chaleur s'étendit sur ses joues.
Ses genoux ne purent la faire reculer ni avancer,
Ses pieds étaient cloués au sol. Et déjà pourtant
Toutes les servantes s'étaient éloignées d'eux.
Tous deux ils se trouvaient face à face, sans parole,
Sans voix : tels des chênes, ou de grands sapins,
Qui côte à côte, tranquilles, ont pris racine dans la montagne,
Le vent tombé : mais qui, sous l'élan brusque de la tempête,
S'agitent et retentissent dans l'immensité. Ainsi
Allaient-ils s'entretenir sous le souffle de l'Amour.
(...)
Alors elle leva les yeux, et osa le regarder en face.
Elle ne savait quelle parole dire pour commencer :
Elle désirait tout lui dire, touit en même temps !
Mais , se livrant d'un coup, elle sortit de sa ceinture parfumée
La liqueur magique : illuminé de joie, il la saisit dans ses mains.
Et elle, ah ! elle eût bien arrachée de ses entrailles toute
Son âme, pour la lui donner, éperdue qu'il la désirât !
Si merveilleuse était la lumière tombant de ses cheveux blonds
Que l'Amour faisait étinceler ! Les rayons de ses yeux
La ravissaient : ses ardentes pensées fondaient
Dans sa poitrine, comme fondent les gouttes de rosée
Sur les roses, quand les rayons de l'aube commence à brûler.
Ensemble, tantôt ils se tenaient les yeux fixés à terre,
Et ils avaient honte, tantôt au contraire ils se regardaient,
Et le désir en un sourire détendait leurs sourcils.