L’Arétin
signifie « venant d’Arezzo ». Piétro Aretino
reçoit une éducation très superficielle avant
d'être banni de sa ville natale et envoyé à Rome
où un banquier, mécène de Raphaël, le prend
sous son aile.
L’Arétin fait parler de lui à travers ses satires
mordantes où il n’épargne pas les grandes figures
politiques et religieuses de Rome, raillées avec intelligence et
mordant, ce qui le fait surnommer « le fléau des Princes
».
On lui doit :
- les
Sonnets luxurieux :
accompagnement textuel à 16 illustrations pornographiques de
Jules Romain, l'assistant de Raphaël, gravés par
Marcantonio Raimondi (à noter que l'Arétin fut aussi
un ami personnel du Titien, qui fit au moins trois portraits de lui).
Ce kama-soutra poétique fut repris notamment par
Felix Nogaret.
- les
Ragionamenti : propos
d’une prostituée à divers interlocuteurs, sous
forme de parodie des dialogues de Platon, qui tournent en
dérision la société de son temps et
particulièrement les sacrements religieux.
- cinq comédies, une tragédie et diverses œuvres pieuses
Les
Sonnets luxurieux et les
Ragionamenti
lui valent de perdre la protection du pape Léon X. Une tentative
de meurtre sur l'une des victimes de sa plume en 1525, le rend à
sa vie de vagabondages à travers l'Italie du Nord, au service de
tel ou tel seigneur, se distinguant toujours par son brio, son audace,
sa facilité à rimer et à railler. Finalement, en
1527, il s'établit à Venise, cité hostile au Pape
et "siège de tous les vices", ville où il demeure
jusqu’à sa mort.
D’après la tradition, la mort de l’Arétin
aurait été à son image : on raconte que, au cours
d’un copieux repas, une plaisanterie particulièrement
obscène provoqua chez l’Arétin une incroyable crise
de rire, au point qu’il tomba à la renverse et se fendit
le crâne.