Asclépiade
de Samos fut le rival de
Callimaque, son
contemporain, et le
maître de
Théocrite qui fit
son éloge.
Asclépiade fut le premier poète grec à faire
d'Éros le dieu des amours masculins et le premier à le
faire apparaître avec les attributs de l'amour, à savoir :
l'arc, les flèches et le carquois. Cette image d'Éros
était appelée à connaître un bel avenir dans
la poésie occidentale.
Le blé en
herbe
(Epigramme 36)
Tu viens me réclamer alors qu'un fin duvet
Se glisse sur ta tempe et que sur tes mollets
Un poil bien dru te pousse. Ensuite tu me dis :
« Pour moi, c'est volontiers ! » Voyons, quel est celui
Qui estime plaisant de trouver dans son lit
Des roseaux secs plutôt que de tendres épis.
Force de l'amour
masculin
(Epigramme 17)
Dans mon cœur, je n'ai plus
Le goût du féminin.
Non, c'est pour le garçon
Que brûle ma passion.
Or ce feu est terrible :
Autant l'homme dépasse
En puissance la femme,
Autant la mâle grâce
Amplifie les désirs
Au détour de mon âme
Qui se laisse séduire.
*
À un seul !
(Epigramme 105)
Moi, le petit Amour ayant quitté sa mère,
Le chasseur parvenait toujours à m'attraper.
Or chez Damis, là-haut, je ne m'envole guère.
J'aime et je suis aimé : c'est l'harmonie en somme !
Doublement j'appartiens à un seul et même homme.