POESIE EROTIQUE
et autres amusements
Giorgio Zorzi Baffo (1694-1768)
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Giorgio (Zorzi en vénitien) Baffo est né à Venise, dernier descendant d'une famille qui depuis des siècles participait activement à la vie politique de la république. Son appartenance à la noblesse le destina dès sa jeunesse à assumer des charges publiques jusqu'à son élection en 1732 dans la magistrature. Il restera d’ailleurs présent aux conseils judiciaires jusqu'à la fin de sa vie. En 1737, il épouse Cecilia Sagredo.

La poésie de Baffo ne circula pratiquement que sous forme manuscrite ou orale, l'auteur s'étant toujours refuser de les donner à imprimer. Ses compositions commentent les faits marquant la vie publique de Venise, sans pour autant trop critiquer, comme Goethe dans ses Epigrammes vénitiennes, le pouvoir en place. Son premier recueil a été publié à Londres en 1771 par les soins de Lord Penbroke qui était son grand admirateur.

Baffo s’illustrera essentiellement par ses Oeuvres érotiques (on lui doit 760 sonnets licencieux) qu’il dédia « aux hommes et aux femmes aimant à rire et sachant regarder les choses du bon côté ». Cette thématique n’est pas sans lien avec son histoire familiale, en particulier le pouvoir et les dons érotiques d’une parente qui fût capturée en mer par les Turcs et envoyée au harem où elle devient la mère du futur Mahomet III, exerçant une grande influence sous son règne. Par ailleurs, il fut un grand ami de Casanova qu'il connut enfant et qui l'encouragea à penser par lui-même et à proscrire les images précieuses pour dire les choses telles qu’elles sont.  

Selon Michèle Teysseyre, qui a édité et illustré une compilation des meilleurs poèmes érotiques de Baffo dans Poèmes luxurieux dans la Venise du XVIIIe siècle (Ed. L'Archange Minotaure), « Baffo aime le sexe avec entrain, candeur et gourmandise ». Elle précise : « le dialecte vénitien est à lui seul une jouissance, un prélude au festin des sens et des mots auquel Baffo nous invite et auquel j'ai tenté de donner en images le plus juste écho. »

Apollinaire le considère comme « le plus grand poète priapique qui ait jamais existé et (...) l’un des poètes les plus lyriques du XVIIIe siècle ». On trouvera l’étude qu’Apollinaire consacra à cet auteur dans Les Diables amoureux. Pour Robert Desnos, il représenta « un maître en amour aussi bien qu'en poésie ».




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