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à la liste "18è siècle"
Giorgio
(Zorzi en vénitien) Baffo est né à Venise, dernier
descendant d'une famille qui depuis des siècles participait
activement à la vie politique de la république. Son
appartenance à la noblesse le destina dès sa jeunesse
à assumer des charges publiques jusqu'à son
élection en 1732 dans la magistrature. Il restera
d’ailleurs présent aux conseils judiciaires jusqu'à
la fin de sa vie. En 1737, il épouse Cecilia Sagredo.
La poésie de Baffo ne circula pratiquement que sous forme
manuscrite ou orale, l'auteur s'étant toujours refuser de les
donner à imprimer. Ses compositions commentent les faits
marquant la vie publique de Venise, sans pour autant trop critiquer, comme Goethe dans ses Epigrammes vénitiennes, le pouvoir en place. Son premier recueil a
été publié à Londres en 1771 par les soins
de Lord Penbroke qui était son grand admirateur.
Baffo s’illustrera essentiellement par ses Oeuvres érotiques
(on lui doit 760 sonnets licencieux) qu’il
dédia « aux hommes et aux femmes aimant à rire
et sachant regarder les choses du bon côté ». Cette
thématique n’est pas sans lien avec son histoire
familiale, en particulier le pouvoir et les dons érotiques
d’une parente qui fût capturée en mer par les Turcs
et envoyée au harem où elle devient la mère du
futur Mahomet III, exerçant une grande influence sous son
règne. Par ailleurs, il fut un grand ami de Casanova qu'il
connut enfant et qui l'encouragea à penser par lui-même et
à proscrire les images précieuses pour dire les choses
telles qu’elles sont.
Selon Michèle Teysseyre, qui a édité et
illustré une compilation des meilleurs poèmes
érotiques de Baffo dans Poèmes luxurieux dans la Venise du XVIIIe siècle
(Ed. L'Archange Minotaure), « Baffo aime le sexe avec entrain,
candeur et gourmandise ». Elle précise : « le
dialecte vénitien est à lui seul une jouissance, un
prélude au festin des sens et des mots auquel Baffo nous invite
et auquel j'ai tenté de donner en images le plus juste
écho. »
Apollinaire le
considère comme « le plus grand poète priapique qui
ait jamais existé et (...) l’un des poètes les plus
lyriques du XVIIIe siècle ». On trouvera
l’étude qu’Apollinaire consacra à cet auteur
dans Les Diables amoureux. Pour Robert Desnos, il représenta « un maître en amour aussi bien qu'en poésie ».
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Blasons corporels
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