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Grande peine
m'est advenue
Pour un chevalier que j'ai eu,
Je veux qu'en tous les temps l'on sache
Comment moi, je l'ai tant aimé ;
Et maintenant je suis trahie,
Car je lui refusais l'amour.
J'étais pourtant en grand'folie
Au lit comme toute vêtue.
Combien voudrais mon chevalier
Tenir un soir dans mes bras nus,
Pour lui seul, il serait comblé,
Je ferais coussin de mes hanches ;
Car je m'en suis bien plus éprise
Que ne fut Flore de Blanchefleur*.
Mon amour et mon coeur lui donne,
Mon âme, mes yeux, et ma vie.
Bel ami, si plaisant et bon,
Si vous retrouve en mon pouvoir
Et me couche avec vous un soir
Et d'amour vous donne un baiser,
Nul plaisir ne sera meilleur
Que vous, en place de mari,
Sachez-le, si vous promettez
De faire tout ce que je voudrai.
(vers 1170)
*
Référence à un poème populaire du Moyen
âge qui conte l'histoire de deux enfants nés le même
jour, l'un, fils d'un roi sarrasin, et l'autre, fille d'une esclave
chrétienne, et qui ne purent s'épouser qu'après de
longues épreuves.
Cité in Anthologie Poétique Amoureuse (Marc Alyn - Ed. Ecriture, 2010 - p.22)
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