POESIE EROTIQUE
et autres amusements
Bernard de La Monnoye (1641 - 1728)
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Philologue, critique et poète.

Dès sa jeunesse chez les Jésuites à Dijon, il compose des épigrammes latines  remarquées. Son père le destine au droit dont il s'échappe pour se livrer tout  entier aux lettres.

Un succès sur lequel il avait peu compté fait réfléchir sur lui l'éclat qu'il n'aime  pas laisser paraître, l'approbation d'un cercle paisible d'ami suffisant alors à son  ambition. Mais les Noëls bourguignons (petites pièces de circonstances écrites  dans son patois natal) eurent dès leur publication un énorme succès, populaire et  de Cour. Ces chants populaires, où se mêlent des grâces naïves, le sel de la satire  et une gaieté toujours ingénieuse furent bientôt dans toutes les bouches.

L'Académie française lui décerne, en 1671, le prix de poésie, dont il est le  premier lauréat (et le sera 3 fois encore !) et dont le sujet était " l'abolition du  duel ". Il faut dire qu'il n'a pas failli aux louanges sur Louis XIV, non sans talent  certes (Voltaire est un  fervent admirateur de ce Duel aboli), dont l'Académie et  donc le Roi étaient friands. Quelque temps après il se marie, mariage dont il aura  4 enfants.

En 1707, la Monnoie consent enfin à venir à Paris avec ses livres. Sa modestie  seule l'écarte pendant plusieurs années de l'Académie française ; il n'y est reçu  qu' en 1713 mais à l'unanimité et sa réception fut un événement littéraire et  mondain ; elle donna lieu à la création des fauteuils (à l'époque seuls le  directeur,  le chancelier et le secrétaire en avaient).

Tandis qu'il jouit paisiblement de la considération due à ses travaux, la  banqueroute de Law en 1720 le dépouille de toute sa fortune (le forçant à vendre  jusqu'à ses médailles académiques) et de sa femme qui le quitte... Il finira  entretenu par ses nombreux amis.

La Monnoie fut peu enclin à la poésie noble, il aimait la facilité de la langue  populaire, sa vulgarité, son érotisme. Cependant l'homme était fort érudit,  passant avec facilité de ces débauches d'esprit à l'étude réfléchie des écrivains de  l'antiquité grecque et romaine, à la traduction de textes en espagnol et italien et à  des correspondances soutenues avec des savants dans toute l'Europe.

A noter qu'il est l'inventeur des lapalissades avec sa Chanson de Lapalisse



Cléon, poussé d’humeur folâtre...




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