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Philologue, critique
et poète.
Dès sa
jeunesse chez les Jésuites à Dijon, il compose des
épigrammes latines remarquées. Son père le
destine
au droit dont il s'échappe pour se livrer tout entier aux
lettres.
Un succès sur lequel il avait peu
compté fait réfléchir sur lui l'éclat qu'il
n'aime pas laisser paraître, l'approbation d'un cercle
paisible
d'ami suffisant alors à son ambition. Mais les Noëls
bourguignons (petites pièces de circonstances
écrites
dans son patois natal) eurent dès leur publication un
énorme succès, populaire et de Cour. Ces chants
populaires, où se mêlent des grâces naïves, le
sel de la satire et une gaieté toujours ingénieuse
furent
bientôt dans toutes les bouches.
L'Académie française lui
décerne, en 1671, le prix de poésie, dont il est le
premier lauréat (et le sera 3 fois encore !) et dont le sujet
était " l'abolition du
duel ". Il faut dire qu'il n'a pas
failli aux louanges sur Louis XIV, non
sans talent certes (Voltaire est
un fervent admirateur de
ce Duel aboli), dont
l'Académie et
donc le Roi étaient friands. Quelque temps après il se
marie, mariage dont il aura 4 enfants.
En 1707, la Monnoie consent enfin à venir
à Paris avec ses livres. Sa modestie seule l'écarte
pendant plusieurs années de l'Académie française ;
il n'y est reçu qu' en 1713 mais à
l'unanimité et
sa réception fut un événement littéraire
et
mondain ; elle donna lieu à la création des fauteuils
(à l'époque seuls le directeur, le chancelier
et le
secrétaire en avaient).
Tandis qu'il jouit paisiblement de la
considération due à ses travaux, la banqueroute de Law en
1720 le dépouille de toute sa fortune (le forçant
à vendre jusqu'à ses
médailles académiques) et de sa femme qui le quitte... Il
finira entretenu par ses nombreux amis.
La Monnoie fut peu enclin à la poésie
noble, il aimait la facilité de la langue populaire, sa
vulgarité, son érotisme. Cependant l'homme était
fort érudit, passant avec facilité de ces
débauches d'esprit à l'étude
réfléchie des écrivains de
l'antiquité
grecque et romaine, à la traduction de textes en espagnol et
italien et à des correspondances soutenues avec des
savants dans
toute l'Europe.
A noter qu'il est l'inventeur des lapalissades
avec sa Chanson de Lapalisse
Cléon,
poussé d’humeur folâtre...
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