On
trouvera plus bas des liens web où Bernard Noël se livre en
entretien. Je présente ici une porte d'entrée vers son
univers, sans avoir eu loisir d'en échanger avec lui, mais il en
parle très bien lui-même !
Né en 1930 dans l’Aveyron, Bernard Noël est
poète, essayiste, polémiste, critique d'art et romancier. Remarqué (notamment par
Aragon et
Mandiargues) en 1958, dès la parution de son premier livre de poésie,
Extraits du corps, Bernard Noël attend neuf années avant de publier son deuxième ouvrage
La Face de silence
(1967). Puis c’est un flot continu d’écrits : plus
d'une cinquantaine de titres et de très nombreux livres
d’artistes, marqués par un esprit en résistance qui
se tient debout contre la barbarie humaine et la société
de consommation… et réussit à faire coïncider
le réel et l’imaginaire dans son être même.
Pour le sujet qui nous intéresse, on ne peut manquer de signaler la parution en 1969, sous le pseudo Urbain d'Orlhac, du
Château de Cène
qui lui vaut les foudres de la censure. Ce long poème
initiatique à la gloire du plaisir est en effet interdit et
saisi en 1969 puis condamné pour outrage aux mœurs en
1973. Il est enfin remis en liberté en 1977
(réédité chez Gallimard en 1993).
Depuis la parution de cet ouvrage, le nom de Bernard Noël est
attaché à une écriture du corps, qui, entre la
mort et l’érotisme, essaie de dénouer le fil du
visible. Paul
Otchakovsky-Laurens et les Ed. P.O.L ont réuni en 2010 sous le titre
Les plumes d’Éros
ses écrits érotiques (récits, poèmes,
essais, entretiens…), dont des inédits, sur une
période de quarante-cinq ans. Des écrits où
l’homme, le désir, le corps et la langue se travaillent
dans un même espace, avec poésie, réflexion et humour.
" L'espèce, dieu, la collectivité, l'État
totalitaire exploitent l'énergie du cul, (...) Ainsi le cul sert
à tout à condition d'en sortir - (...) L'érotisme
est alors le rappel : l'art de garder en vue la circulation de
l'énergie à travers le corps entier (...)
l'érotisme fait jouer ensemble toutes nos parties : il croise le
sexe et la langue, la violence et le coeur, le vue et la
mentalité. Il fait que le plaisir du sexe et le plaisir de la
pensée s'appellent et se ressemblent. " (
L'enfer dit-on, Les Plumes d'
Éros - p.137)
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)