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François
Béroalde De Verville est le fils de Mathieu Brouard,
humaniste protestant et écrivain français, et de Marie
Bletz qui meurt de la peste alors qu'il a 12 ans. A
la Saint Barthélémy (1573) la famille est obligée
de fuir pour Genève. Là, il reçoit une
éducation à la fois religieuse et humaniste,
fréquente notamment Pierre De
L'Estoile et Agrippa D'Aubigné, favorisant son éveil
culturel. Cependant
(Suisse oblige...) il commence par apprendre l'horlogerie et
l'orfèvrerie, puis la médecine et l'alchimie.
À la mort de son père en 1576, il décide de
retourner à Paris et se converti au catholicisme. Il publie son
premier ouvrage : Appréhensions
spirituelles, puis en 1583 les Soupirs
amoureux.
En 1589, il suit Henri III, chassé par la Ligue, dans son exil
à Tours. Il survit en
traduisant des ouvrages jusqu'à ce que le Roi retourne sur le
trône et lui assure une sécurité financière
qui lui permet de produire alors la majorité de son œuvre
(traités de morale et de philosophie, romans,
poésies...). Son ouvrage le plus connu est Le Moyen de parvenir (1617), satire
piquante de la vie humaine, aux tendances libertines et
irréligieuses, dont les sous-titres sont Coupe-cu de la Mélancolie et
Vénus en belle
humeur !
Le Mai
Maintenant que l'Amour renaît heureusement
Et qu'à ce beau printemps il commande qu'on plante
D'un Mai long et dressé la désirable plante
Il faut suivre l'arrêt de son commandement.
J'ai un Mai long et gros et fort également,
Poussant devers le haut une verdeur plaisante,
Qui frissonne sa cime en tout temps verdoyante
Et qui se peut planter assez facilement.
Ma dame, permettez que l'on m'ouvre la porte,
Et je le planterai sur la petite motte
Qui de votre maison remarque le milieu ;
Je le mettrai tout droit dessous votre croisée
Où en petits frisons la terre relevée
Fait l'endroit plus plaisant qui soit en tout le lieu.
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