Accueil
|
Blaise Cendrars
est le pseudonyme de Frédéric-Louis Sauser, né en
suisse dans une famille bourgeoise. Les voyages de son père, un
homme d'affaires instable, font mener à la famille une vie
itinérante dont il gardera le goût. En effet, ses voyages,
réels ou imaginaires, sont la principale source d'inspiration de
sa poésie comme de ses œuvres en prose.
En 1904, ses mauvais résultats scolaires le
font envoyer en Russie comme apprenti-bijoutier. Il découvre
Saint-Pétersbourg en pleine effervescence
révolutionnaire. Jusqu'en 1907, il y travaille chez un joaillier
suisse et commence à noter ses lectures, ses pensées,
habitude qu'il gardera toute sa vie durant. De retour
en Suisse et sous l'influence de Remy De Gourmont qu'il admire
comme un maître, il écrit ses premiers poèmes : Séquences.
Fin 1911, il se
rend à New York pour rejoindre son amie Féla Poznanska
qu'il épousera en 1914 et dont il aura deux enfants. Il y
rédige Les Pâques
à New York, poème fondateur de la poésie
moderne qu'il signe Blaise Cendrars.
De retour à Paris en 1912, désormais
convaincu de sa vocation poétique, il fonde avec Emil Szittya
(écrivain anarchiste) une revue et une maison d'édition Les Hommes Nouveaux et se lie
d'amitié avec Apollinaire,
Chagall, Léger, Modigliani... Il édite en 1913 sa Prose du Transsibérien et de la
petite Jeanne de France où le texte et l'image
(illustrations de Sonia Delaunay-Terk) sont étroitement
imbriqués.
Dès
l'entrée en guerre, il s'engage dans la Légion
étrangère. En 1915 il perd au combat son avant-bras
droit. Cet événement marque profondément son
œuvre, car sa main droite est sa main d'écrivain, mais aussi sa
main de pianiste. Après une "année terrible" où il
se sépare de sa femme, le poète manchot se remet à
écrire de la main gauche. Commence alors une période
d'activité créatrice intense et la rencontre d'une autre
femme la comédienne Raymone Duchâteau qu'il aimera
jusqu'à sa mort. Dans J'ai
tué (1918), premier livre illustré par Fernand
Léger, il écrit quelques-unes des pages les plus fortes
et les plus dérangeantes qui aient été
écrites sur la guerre.
Puis, s'éloignant de Paris, il prend
congé des milieux littéraires d'avant-garde et se tourne
vers le cinéma. Il est l'assistant d'Abel Gance pour J'accuse, dans lequel il tient
aussi un rôle de figurant, puis pour La Roue. En 1921, il passe
lui-même à la réalisation mais l'expérience
est un échec.
Il se passionne
alors pour l'Afrique et compile dans son Anthologie nègre (1921) des
contes de tradition orale qu'il est le premier à
considérer comme de la littérature. Puis, en 1924 il se
rend au Brésil où la nature comme la population
s'accordent à ses aspirations profondes et écrit Feuilles de route, son dernier
recueil de poèmes.
Au retour du Brésil, il se lance dans le
roman. En quelques semaines, il écrit L'Or, avec un succès mondial
qui va faire de lui, durant les années vingt, un romancier de
l'aventure. Dans les années trente, il devient grand reporter
pour explorer les bas-fonds de la pègre et prendre part au
voyage inaugural du paquebot Normandie.
Lorsque la seconde guerre
éclate, en 1939, il s'engage comme correspondant de guerre
auprès de l'armée britannique.
Après la
guerre il écrit ses mémoires
"qui sont des mémoires sans être des mémoires" et
se
marie enfin (1949) avec la comédienne Raymone Duchâteau,
qu'il aime d'un amour idéalisé depuis 1917. Après
un long travail, il publie en 1956, un roman à clefs, Emmène-moi au bout du monde !
dont la truculence fait scandale. Ce sera sa dernière œuvre.
Ses Oeuvres
complètes (poésie, romans, contes, nouvelles,
pièces radiophoniques, reportages, mémoires, essais et
correspondance) comptent pas moins de 15 volumes ! aux Editions
Denoël.
Le Nu jaune
(1908) par Sonia Delaunay-Terk* (1885-1979)
Nantes, musée des Beaux-Arts
* Sonia Delaunay-Terk fut amie,
co-éditrice et illustratrice pour Cendrars
|