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Marquis de Boufflers - Les métamorphoses (I)
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Les métamorphoses

(Air: Sur les travers de ce bas monde)


Iris, pouvez-vous bien le croire,
-- Ah! que n'est-ce une vérité !
-- Ce que tous deux, dans l'ombre noire,
Tour à tour nous avons été,
Morphée, en fermant ma paupière,
De moi fit l'acier le plus doux ;
D'aimant vous étiez une pierre
Et vous m'entraîniez après vous.

Ce dieu, par un bon stratagème,
De cet aimant fit un écho ;
J'étais couplet, je disais : j'aime,
Et vous me répétiez ce mot.
Par un caprice plus insigne,
Je devenais petit poisson ;
A mes yeux vous parûtes ligne
Et je mordis à l'hameçon.

Le bon Morphée, à ma prière,
M'ayant fait voyager par eau,
Vous devintes une rivière
Et je vous fis porter bateau.
Le froid prit, vous voilà de glace :
Pour tirer parti de ce tour,
Sur deux semelles je me place
Et je patinai tout le jour.

Pour dernière métamorphose,
Je devins nectar des plus doux:
J'étais dans un vase de rose,
Iris, et je coulais pour vous.
Sur vous une goutte s'attache ;
Vous étiez alors tout satin...
A mon réveil, j'ai vu la tache,
Mais j'ai cherché l'étoffe en vain.




in Choix de Chansons Galantes d'Autrefois, réunies par Paul Marion (1911)



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