Ressuscitée !
De ma bouche je veux embrasser la tienne;
muscler mes lèvres vierges pour mieux goûter à la
pulpe de ton sourire.
M'approcher et puis mordiller len-te-ment… encore plus
l-e-n-t-e-m-e-n-t…
Lécher tes liquoreuses lèvres, tendrement.
Frémir mais me retenir et -au compte goutte- te séduire.
M'imbiber de ton sourire rouge pourpre…fatal !
Tu zigzaguais sur ta bicyclette quand nos regards se sont
croisés…
La tête tournée, tu as presque perdu le pied.
Nos âmes se sont alors enlacées. Ce fut; instantané.
Le cœur en alerte, j'ai laissé tomber ma mallette
et au passage arraché ta nuque, te freinant sûrement dans
ta chute.
Mon bassin frénétique appelait nos deux êtres
-magnétiques !
Mais où allais-tu donc avant ce bouleversement
que tous deux désirions ardemment?
Par ton regard diaphane, rempli d'une vie ailleurs profane,
je me suis laissée pénétrer et à ma
pureté, je t'ai invité.
Depuis, je veux mon cœur se perdre dans tes bras
juste une seconde … juste… une, se…Conde de cette
éternité féconde.
Dès ce premier regard, nos âmes avaient fait l'amour.
Ne restait plus qu'à y plonger tout entier… au soleil plein jour
afin que ne s'évanouisse pas ce mystérieux et jouissif
état.
Alimenter ce feu et dégeler la rivière -de l'hiver
glacé.
En toi me baigner d'émoi, simplement, sur la rue dans tes bras.
Je veux m'avancer et croquer ta bouche d'homme mûr -c'est cela.
Goûter à ton juteux baisé et…franchir le point du
non-retour.
Avoir envie de te dévorer vivant, tant de toi mon corps est
vibrant.
Mais ! Résister, juste un peu encore… rester là, ta
tête entre mes mains
ma langue glissant sur la tienne, ta salive pour ultime essor.
Mon corps cédant au chant de ma vulve en
fête, pour un moment…
J'en mouillai ma petite culotte mais en silence, continuai la danse;
de mon sourire contre le tien, de ta nuque chaude entre mes mains…
Discrètement s'abandonner à cette lascive cadence
Mes yeux désireux pénétrant ton regard intense.
Une dernière fois avant le retour chez soi,
de ma bouche embrasser la tienne;
muscler mes lèvres vierges pour mieux goûter à la
pulpe de ton sourire.
M'approcher et puis mordiller len-te-ment… encore plus
l-e-n-t-e-m-e-n-t…
Lécher tes liquoreuses lèvres, tendrement
M'abreuver de ton sourire rouge pourpre…fatal !
J'ai repris ma mallette, toi ton chemin…
Tous deux désormais complices de ce malicieux et interdit
délice.
Sur ta bicyclette tu es reparti; le cœur léger, l'âme
chavirée…
En moi pour toute lueur, cette vieille blessure ravivée
Lucide réveil -besoin d'amour, l'amour au vent, désir
brûlant.
La femme Eros, la femme de sang.
Ressuscitée !