POESIE EROTIQUE
et autres amusements
Edmond Dardenne Bernard
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Promu Chef de bureau des bibliothèques municipales de la préfecture de Paris en 1878, Edmond Dardenne Bernard développa considérablement les bibliothèques sur les 20 arondissements.

Puis, il quitta l'administration pour se consacrer à sa propre librairie et à l'édition, notamment du magazine d'humour médical Le Rictus et de diverses anthologies de chansons et poèmes gaillards dont : l'Anthologie Hospitalière & Latinesque - Recueil de Chansons de Salle de Garde, anciennes et nouvelles, entre-lardées de Chansons du Quartier Latin, Fables, Sonnets, Charades, Elucubrations diverses, etc. (sous le pseudo de Courtepaille, en 1911 et 1913), Trois Orfevres à la Saint-Eloi du Quartier Latin à la Salle de Garde - Pour L'esbaudissement des Escholiers (1930), Les chants du Quartier Latin et de l'Internat, (1932) et Les Filles de Loth, et autres poèmes érotiques (sous le pseudo de Vidame de Bozegy, en 1933).






Mélancolie blennoragique



Petit anneau de chair, petite fente laide,
Petit sphincter païen,
Petit coin toujours moite, empoisonné d'air tiède,
Petit trou ; petit rien !

Es-tu laid, quand tu ris de ta lèvres lippue ;
Es-tu laid quand tu dors !
Laid, toi que Dieu cacha dans cet angle qui pue,
Près des égoûts du corps !

Ah ! tu peux pourlécher ta babine rosée,
Vilain monstre d'orgueil !
Tu peux, ouvrant ta gueule à crinière frisée,
Bâiller comme un cercueil.

Ventouse, venimeuse, insasiable gouffre,
Si funeste et si cher ;
Je veux te mépriser, toi par qui pleure et souffre
Le meilleur de ma chair.

Je veux te détester à toujours, chose infâme,
Toi qui rends mal pour le bien ;
Petit néant creusé dans le bas de la femme,
Petit trou, petit rien !

Et dire que c'est là que Satan met son trône
Et l'homme son honneur !
Là que la poésie a placé ta couronne,
Eros, dieu du bonheur !

Et dire que c'est là que l'Idéal du Rêve
Vient toujours aboutir ;
Là que meurt - agonie ineffable et trop brève -
L'amour vierge et martyr !

Que c'est quand nous naissons par cette plaie immonde
Que le jour nous sourit ;
Et par elle, quand Dieu voulu sauver le monde,
Qu'entre le Saint-Esprit !

Dire que c'est là que Junon perdit Troie,
Que Ninive croula ;
Dire que tout, espoir, force, courage et joie,
Nous vient de ce trou-là !

Et qu'il est le chemin du ciel, la grand'porte
Qu'Eve ouvrit d'un recul ;
Et dire qu'une femme, et vieille et laide porte
L'infini sous son cul !



in Anthologie Hospitalière...



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