POESIE EROTIQUE
et autres amusements
Albert Willemetz (1887-1964)

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Albert Willemetz est l'auteur d’immortels lyrics (il invente le terme en français) qui fera de lui le «créateur de l’opérette moderne». Ses textes humoristiques et leurs interprétations originales émaillent désormais le patrimoine musical populaire : Dans la vie faut pas s’en faire, Félicie aussi, etc...

Au total, il écrivit plus de 3000 chansons, plus de 200 comédies musicales, pièces et revues, et a signé également les scénarios et/ou lyrics de plusieurs films.

Les plus grands musiciens illustrent ses œuvres et les plus grandes vedettes ont chanté son répertoire, qu'il leur confectionnait sur mesure : Maurice Chevalier, Mistinguett, Arletty, Joséphine Baker, Danielle Darrieux, Pauline Carton, Fernandel, Bourvil, Gabin, Barbara, Léo Ferré...

Il fut successeur d'Offenbach à la direction du Théâtre des Bouffes-Parisiens pendant 30 ans, il y produisit d'ailleurs plusieurs fois son ami Cocteau. Au nombre de ses amis on compte également et entre autres : Sacha Guitry, Anna de Noailles, Colette, Montherlant, Marcel Pagnol, le philosophe Henri Bergson, Maurice Debroka...


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Valentine*


On se rappelle toujours sa première maîtresse
J'ai gardé d'la mienne un souvenir pleine d'ivresse
Un jour qu'il avait plu
Tous deux on s'était plu
Ensuite on se plut de plus en plus


J'lui d'mandait son nom, elle me dit Valentine
Et comme elle suivait chaque soir la rue Custine
Je pris le même chemin
Et puis j'lui pris la main
J'lui pris tout enfin


Elle avait des tout petits petons, Valentine, Valentine
Elle avait des tout petits tétons
Que je tâtais à tâtons, Ton ton tontaine
Elle avait un tout petit menton, Valentine, Valentine
Outre ses petits petons ses petits tétons son petit menton
Elle était frisée comme un mouton


Elle n'était pas une grande intelligence
Mais dans un plumard, ça n'a pas d'importance
Quand on a dix-huit ans
On n'en demande pas tant
Du moment qu'on s'aime, on est content


Elle n'avait pas un très bon caractère
Elle était jalouse et même autoritaire
Pourtant, j'en étais fous
Elle me plaisait beaucoup
Parce que surtout


Elle avait des tout petits petons, Valentine, Valentine
Elle avait des tout petits tétons
Que je tâtais à tâtons, Ton ton tontaine
Elle avait un tout petit menton, Valentine, Valentine
Outre ses petits petons ses petits tétons son petit menton
Elle était frisée comme un mouton


Hier, sur le boulevard, je rencontre une grosse dame
Avec des grands pieds, une taille d'hippopotame
Vivement elle m'saute au cou
Me crie bonjour, mon loup
Je lui dis pardon, mais qui êtes vous


Elle sourit voyons, mais c'est moi, Valentine
Devant son double menton, sa triple poitrine
Je pensais, rempli d'effroi
Qu'elle a changé , ma foi
Dire qu'autre fois


Elle avait des tout petits petons, Valentine
Mais ils sont enflés à présent Valentine
Elle avait des tout petits tétons des vraie p'tite pommes
Non non j'aime mieux parler d'autre chose voila


Elle avait elle avait un tout petit menton, avec une p'tite pincette
Elle en a quatre ou cinq mentons maintenant
Oh cette pauvre petite Valentine ça d'vrait pas être permis ça non
C'est des trucs qui ne devarait pas être permis
Non



* Albert Willemetz est né le jour de la St Valentin, le 14 février 1887

- Chanson écrite pour Maurice Chevalier en 1925



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