Les Pays-Bas
Des marchands que le diable berce
Vont au Mexique, vont en Perse
Porter leurs pas.
Amants, sans faire de traverse,
Tenez-vous-en au doux commerce
Des Pays-Bas.
Ce n'est point ses épiceries,
Son tabac ni ses broderies
Dont on fait cas ;
Mais chemise fine et de Frise
Donne goût pour la marchandise
Des Pays-Bas.
Je connais un séminariste
Qui ne prend que là sa batiste
Pour ses rabats :
Il se croit plus adroit qu'un singe
De ne jamais laver de linge
Qu'aux Pays-Bas.
Qu'en Espagne et qu'en Italie
L'amour jaloux y multiplie
Les cadenas,
La république de Hollande
Donne une liberté plus grande
Aux Pays-Bas.
L'on a toujours là quelque intrigue:
Fille avec plaisir y prodigue
Tous ses appas ;
Et jamais, après ces délices,
Galant ne s'est plaint des malices
Des Pays-Bas.
L'esprit seul, sans changer de place,
Voyage, passe et puis repasse
En cent climats ;
Tel est l'amant dans son vieux âge:
Sa tendre idée encor voyage
Aux Pays-Bas.
Ceux que le beau sexe, avec joie,
Voit brûler en France, on les noie
Dans les Etats,
L'amour publie à son de trompe
Qu'il ne faut pas que l'on se trompe
Aux Pays-Bas.
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Annonce en vaudeville de la parade des Belles Manières,
jouée sur le théâtre du duc d'Orléans
à Bagnolet, à la fête donnée, le 25
septembre 1763, en l'honneur de Mlle Le Marquis dite Marquise, qui
revenait de Hollande.
in Choix de Chansons
Galantes d'Autrefois (Paul Marion, Ed. H. Daragon, 1911)