Grâce
à une soi-disant parenté avec Henri IV (à qui il
ressemblait fort) et à ses talents artistiques, Charles Dufresny jouit de la faveur de Louis XIV qui
le nomma son valet de chambre et dessinateur de ses jardins.
Cela ne contribua pas cependant à l'enrichir, car Dufresny fut
un noceur émérite, panier percé, si bien
qu'il épousa même sa blanchisseuse uniquement pour se
libérer des dettes qu'il avait envers elle ! Cet épisode
de sa vie fournira d'ailleurs à
Théodore de Banville le sujet d'une de ses comédies en vers :
Le Cousin du roi.
Dufresny fut auteur de comédies à succès, dont il composait lui-même les musiques :
L'Esprit de contradiction (1700),
Le Faux honnête homme (
Voltaire y empruntera son personnage de
Freeport),
Le Double veuvage (1701),
La Joueuse (1709),
La Coquette de village (1715),
Le Mariage fait et rompu (1721)... Il publia aussi en 1692 des
Poésies diverses et des nouvelles historiques, ainsi qu'un roman de mœurs en 1705 :
Les Entretiens ou Amusements sérieux et comiques d'un Siamois, où Montesquieu a pris l'idée de ses
Lettres persanes. Il fut également directeur du
Mercure Galant, l'un des premiers périodiques français.