Fils d'un
pâtissier de renom et de la fille d'un fermier, Charles-Simon
Favart fit des études au Collège Louis-le-Grand et perdit
son père assez jeune. Il dut alors reprendre la boutique
familiale tout en composant des poésies et des pièces de
théâtre et d'opéras-comiques.
Sa première pièce, Polichinelle
Comte de Paonfier (1732), parodie du Glorieux de Destouches, fut
jouée anonymement sur un théâtre de marionnettes.
Il donna ainsi au théâtre une vingtaine de pièces,
toutes anonymes. Il ne se résolut à produire en son nom
qu'en 1741 avec La Chercheuse
d'esprit, qui connut un véritable triomphe avec plus de
200 représentations.
Nommé régisseur de l'Opéra-Comique en 1743, c'est
là qu'il rencontre une jeune actrice, Justine Duronceray dite "
Mlle de Chantilly ", qui allait devenir sa femme en 1745. Puis, il
dirigea le Théâtre de la Monnaie à Bruxelles, de
1746 à 1748.
Le couple fut ensuite engagé par le maréchal Maurice de
Saxe pour diriger la troupe ambulante de comédiens dont il se
faisait suivre aux armées afin de soutenir le moral de ses
troupes. Madame Favart devint la maîtresse du maréchal,
mais chercha à fuir ses assiduités, ce qui valut des
ennuis aux deux époux : Charles-Simon Favart dut se cacher dans
un village des environs de Strasbourg où il vécut en
peignant des éventails cependant que sa femme était
séquestrée.
Il put sortir de sa retraite à la mort du maréchal en
1750. Les Favart revinrent alors à Paris et connurent un
énorme succès. En 1758, il prit la direction de
l'Opéra-Comique.
La mort de sa femme en 1772 le plongea dans l'abattement et il cessa
d'écrire. Il mourut dans sa maison de Belleville en 1792,
largement oublié, à l'âge de quatre-vingt-deux ans
Une soixantaine des quelques 150 pièces qu'il a composées
(comédies et opéras-comiques pour la plupart) ont paru de
son vivant, en 10 volumes, sous le titre de Théâtre de M. Favart
(1763-1772) aux Ed. Duchesne à Paris.