Officiant dans le
commerce, il ne se consacre véritablement à
l'écriture qu'à partir de 1900, seule une plaquette de
vers Les Faunesses fut
publiée en 1886.
Surnommé le "Chantre de la Normandie", il a collaboré
à différentes revues et journaux normands, sa
région native, dirigé la Vie Normande et a fondé la
Société des Poètes de Normandie qui devient en
1923 La Société des Ecrivains Normands.
Parmis ses oeuvres on compte de la poésie : Louvain, la Normandie exaltée
(1902), Le verger des muses et des
satyres (1924) - de multiples contes et des essais critiques sur
les écrivains normands qui lui étaient contemporains.
Conseil à une petite courtisane
Tes dix-sept ans n'ont pu, dévêtus sans chicane,
Ni ton ventre, émouvant de si peu d'ombre au coin
Qu'il semble d'une enfant sous sa houpe de foin,
Le pur émail n'a pu de tes yeux de Persane,
Ni ces pommes qu'à s'infléchir déjà condamne
Le Vice qui trop tôt y planta son grouin,
Ni ta cuissette, dépliée avec un soin
De Ghesha, n'auroont pu, petite Courtisane,
Sur sa corde roidir le joujou des fillettes.
Et tu dis que les ans ont noué l'aiguillette*...
Nenni ! mais il y faut pudeur avec mystère.
Pleure, ou résiste un peu. Nomme ta sainte mère,
Et, la joue enflammée, appelle-moi bourreau...
Pour me sentir entrer dans toi comme un taureau.
* cordon pour tenir
un pantalon
in Le bourdeau
des Neuf Pucelles (Ed. Cahiers Littéraires, 1923 - p.38)