Né
en Bretagne
en 1945, Christian Prigent participe à plusieurs revues
littéraires et a publié une vingtaine d'ouvrages de
poésie, de fiction et d'essais en littérature et
peinture. Il donne régulièrement des lectures publiques
et ses performances orales sont parait-il a ne pas manquer.
Ecrire de la poésie c'est, selon lui,
"maintenir en soi
l'énergie du commencement qui força un jour à
entrer dans la crise des langues et à remuer le tas des paroles
usées", et effectivement il sait faire preuve de beaucoup
d'inventivité dans la langue.
Pour
preuve, voici
des extraits du receuil "Peep-Show"
(Ed. Cheval d’Attaque, 1984)
Premier bidon :
La jeune mariée s'est laisée vaincre
elle est déshabilloui de nié
elle pleure et son é
poux à ses pieds la con
jure
il s'éprend la bougie dans les couvertures
Il est tout vert elle hur
le elle prend la posture
lui
lui bat son chenu lu
chouette son velu
elle en chie
il l'hanchit
L'arde crâne
tromate
mate
l'opera c'est râpé
la voilà sapée
cretonne et popeline
vaseline
Puis ça
puis là
tourne gironde
blonde
voit dans sa fesses ronde
la rondece del monde
la râcle aux billes ra
bote tout avec son petit doigt :
-
au bidon !
suivante !
Suivante :
Une c'est pas tout car partouzeur lui il
zyeux hors bites époumoné telle l'huppe
pulpée l'hulule jugule sa jupe
la veut rupine ripe son frêne
freine
rupe l'éraflé d'son flanc
pan
la flanque sous son rabot
pan
en fait des copeaux
d'peau
ah la varlope
d'en dessous ses sabots on voit fumer son trou
d'naseau :
-
au bidon !
suivante !
(...)
Il lui chent le seau,
le chaud dans le sours,
le cuit, la nuit, la touffe
d'odeur choue que bouffe
en renflé son chou
lard ou, gourd,
l'haut goût de sa croupe qu'oncques
au pieu, nylons bas, pencha
et, saucé, su, la touchant,
son chou-fleur, sa conque.
Il jouit des poumons sous son édredon
c'est trop bon :
-
au bidon !
© Christian
Prigent