) sont comme une armée de chiens
occupés à se mordre chacun leur propre queue.
Une poésie libre, "structure dansante", qui donne le tournis et
l'impression d'une langue échappée au contrôle de
la pensée. Tarkos, qui a fait plusieurs séjours en
hopital psychiatrique, dit d'ailleurs de lui-même : "Je n'existe
pas. Je fabrique des poèmes"
Voici un extrait du
recueil
Oui
Amour (5)
Je
t'embrasse. Je prends ta bouche avec ma bouche, tu prends ma bouche
avec ta bouche, elle se touchent. J'ouvres tes lèvres avec ma
bouche, tu ouvres mes lèvres à tes lèvres,
à ta bouche, à ta langue, tu tournes sa langue dans sa
bouche, je tourne ta langue dans ma bouche, je découvre ta
bouche, tu découvres la sensation de ma bouche, ma langue douce,
avec ta langue, j'enveloppe ta langue dans ma langue, je la
mélange, tu tournes ta langue, tu la mélanges, elles se
touchent, ils se mélangent, je caresse ta langue, je t'aime, tu
me laisses entrer, je laisse glisser ma langue, elles s'aiment, ta
langue est dans ma bouche, tu caresses ma langue, tu m'aimes.