Accueil
|
Retour
à la liste "17è siècle"
Apologie de Chausson*
ou
Sonnet sur la mort de Chausson
Amis, on a brûlé le malheureux Chausson,
Ce coquin si fameux, à la tête frisée;
Sa vertu par sa mort s'est immortalisée :
Jamais on n'expira de plus noble façon.
Il chanta d'un air gai la lugubre chanson
Et vêtit sans pâlir la chemise empesée,
Et du bûcher ardent de la pile embrasée,
Il regarda la mort sans crainte et sans frisson.
En vain son confesseur lui prêchait dans la flamme,
Le crucifix en main, de songer à son âme ;
Couché sous le poteau, quand le feu l'eut vaincu,
L'infâme vers le Ciel tourna sa croupe immonde,
Et, pour mourir enfin comme il avait vécu,
Il montra, le vilain, son cul à tout le monde.
1661
* Ce
texte fait référence à Jacques Chausson, dit Des
Estangs et Jacques Paulmier, dit Fabry, accusés du crime de
sodomie et d’avoir fait commettre ledit crime. Condamnés
à mort le 29 décembre 1661, ils eurent la langue
coupée et furent brûlés vifs.
> Sur Vigeon, autre sodomite brûlé en Place de
Grève, lire Blot et ST Pavin.
|