Correspondante
de guerre de 1943 à 1946, Claudine Chonez fut l’une des
premières femmes dans ce métier. D’abord sculpteur,
elle se lança ensuite dans le journalisme. Proche du PCF elle
faisait partie des
Compagnons de route,
elle a publié des articles pour divers journaux, établit
une correspondance avec Gide et à milité, notamment, pour
le droit à l'avortement.
Parmis ses recueils de poèmes on peut citer :
Levée d'écrou (Ed. Rougerie, 1952),
La mise au monde (Ed. Chambelland, 1969),
Les yeux d'amandes amères (Ed. Chambelland, 1977),
Annulation des navires (Ed. La Grisière, 1984),
Cristal et Obsidienne (Éd. l'Harmattan, 1993).
Elle a aussi publié des romans et des études-portraits d'auteurs et artistes comme Jean Giono,
George Sand, Paul Claudel, Albert Camus...
"Il y a des hommes qui ont une exquise tendresse, bien
supérieure à celle des et des femmes dures et
impérieuses; mais du point de vue intellectuel il n'y a, je
pense, aucune différence entre les hommes et les femmes." (in
Présence de George Sand - 1978)
Un soir
Il y a eu cet orage de tropique
parmis les flamboyants du plaisir
la vitre battant sur des chevelures immenses
la pluie cisaillée d'étoiles
la lumière avalée à plein ventre
à plein gosier à plein sang.
Il y a eu cette heure
d'anthracite et d'argent sous les tentures
des baisers de couteaux des rires de poudre
les niveaux de sang reversés l'un dans l'autre
Il y a eu
le pays sans cloison le regard sans clôture
clouant la nuque stupéfaite.
Et cette eau tendre aux nervures du corps
la fièvre du rideau calmée
la housse de nuit
sur nous bénis.
in Les portes bougent (Ed. Albin michel, 1957)