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à la liste "16è siècle"
Poète -
chroniqueur, brillant et insolent tant dans le lyrisme que dans
la satyre.
Imitant son père qui avait obtenu une place
à la cour de Louis XII grâce à son talent de
poète, Clément Marot fait ses débuts avec le
recueil de poésie médiévale Le Temple de Cupido (1514)
écrit en l'honneur de François Ier qui vient de
monter sur le trône. Dès 1518, il entre au service de
Marguerite d'Angoulême, la soeur de François Ier, en
tant que Valet de chambre.
En 1526 il est emprisonné pour
ne pas avoir respecté le jeûne prescrit par l'Eglise
durant le Carême, il compose alors une satyre de
la justice et de la police, L'Enfer, qui sera
publiée plus tard. François Ier le gracie et le
prend comme valet de chambre du roi (1527).
Il reprend une brillante carrière de
poète courtisan, publie en 1532 L'Adolescence clementine et une Suite
deux ans plus tard. Les 2 livres connaissent un immense
succès (sept éditions successives de 1533 à 1535)
et font de son auteur l'un des plus célèbres
poètes de son temps.
En 1533 il réedite son sulfureux maître
en poésie : François Villon.
Puis en 1542, il récidive dans la provocation en
publiant enfin L’Enfer. L'oeuvre provoque la colère des autorités judiciaires
et religieuses de la Sorbonne. L'année
suivante il traduit en français Les Psaumes, ce qui, au
regard d'une Église qui entend garder toute
autorité sur
les textes sacrés, constitue une
hérésie. Il
est obligé de s’exiler en Suisse, mais, là encore,
manifestant trop de liberté, il est contraint de gagner
l’Italie
où il meurt.
Écarté par La Pléiade, Marot
sera ressuscité au siècle suivant par Vincent Voiture, et plus tard par La Fontaine. Des écrivains comme
Régnier, Boileau
et La
Bruyère l'évoquent en termes élogieux, puis Voltaire et Rousseau au XVIIIe.
Inquiété pour l'insouciance de sa
façon de vivre, il ne se reconnaissait qu'un seul
maître : l'Amour. Il nomme dans plusieurs poèmes une
« Bella Rubella
», qui pourrait être Louise
Labée que Baïf avait
surnommé « La Belle
Rebelle ». On ne sait pas
grand-chose de sa vie sentimentale: marié,
il eut deux enfants dont on perd vite la trâce.
Outre le sonnet, qu'il a contribué à
imposer, Marot est l'inventeur d'un jeu littéraire : le blason. Blasonner, initialement,
consiste à détailler et expliquer les
armoiries
d'un écu. Ici, les poètes rivalisent en chantant à
leur tour telle ou telle partie du corps féminin... On pourra lire à ce propos Les Blasons anatomiques du corps féminin (1536) de Paul
Lacroix (in Notices sur des livres
rares et curieux, 1880).
Les poèmes
qui suivent sont, sauf indication contraire,
tirés de
Oeuvres poétiques
(Ed. Garnier-Flammaion - 1973)
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