Le décor
Tu laves tes cheveux, tous les jours tu les sèches
les brosses longuement, passes au peigne fin
tu les laisses pousser, jusqu’à ce qu’ils te lèchent
le cul c’est ta parure, et même ton parfum
Tes poils par contre tu, les rases les dépiles
fais-en ce que tu veux, mais que ta peau soit rase
une table d’amour, où rien ne m’horripile
un bel amadouvier, qui sous mes doigts s’embrase
Sur ton sexe le string, minimum de dentelles
le maximum c’est rien, ta rose et ton œillet
des bas bien entendu, avec des jarretelles
ou bien des jarretières, comme un chevalier
Sous l’autel de l’amour, tes jambes font la voûte
d’une église romane, or je les veux gothiques
il faut les élever, plus haut coûte que coûte
sur des talons aigus, sur des pointes éthiques
Sinon du cuir, de la dentelle, de la soie
noblesse de matière, à l’écart du vulgaire
afin que l’on devine, et parfois que l’on voie
mais que l’on ne te croie, pas ce que tu n’es guère
Je hais les pantalons, et les panties moi je
te veux exquisément, car excessivement
accessible facile, à mettre dans mon jeu
un atout dont je peux, disposer aisément
20
décembre 2001 © Constant Biloba
in Le
désert de Sarah (Ed. Le Cercle, p. 185)